Noctes Gallicanae

 

Ἐρωτικὰ ἐπιγράμματα

 

Epigrammes amoureuses


 

Διονύσου τοῦ σοφιστοῦ

Denys le Sophiste

ἡ τὰ ῥόδα· ῥοδόεσσαν ἔχεις χάριν ἀλλὰ τί πωλεῖς ;

  σαυτή ; ἢ τὰ ῥόδα ; ἠε συναμφότερα ;

Hé, la fille aux roses, tu as un teint de rose ! Mais… que vends-tu?

toi? tes roses? ou les deux à la fois?

Anth.Palat., V, 81

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Λεοντίου

ontios

ψαῦε μελισταγέων στομάτων δέπας· εὗρες ἄμελγε·

  οὐ φθονέω· τὴν σὴν δ’ ἤθελον αἷσαν ἔχειν

Effleure ses lèvres d'où coule le miel, ma coupe ! Tu les as trouvées, bois-les!

je n'en suis pas jaloux, je voudrais que le sort me donne ta place.

Anth.Palat., V, 295

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Κιλλάκτωρος

Cillactor

ἁδὺ τὸ βινεῖν ἐστι· τίς οὐ λέγει ; ἀλλ’ ὅταν αἰτῇ

  χαλκὸν πικρότερον γίνεται ἑλλεβόρου

Il est doux de baiser, personne ne dit le contraire, mais quand on me demande

des sous, ça devient plus amer que chicotin.

Anth.Palat., V, 29

 

τοῦ αὐτοῦ

du même

παρθενικὰ κούρα τὰ ἃ κέρματα πλείονα ποιεῖ

  οὐκ ἀπὸ τᾶς τέχνας ἀλλ’ ἀπὸ τᾶς φύσιος

Une jeune fille, ce qui lui rapporte le plus d'argent,

ce n'est pas son talent, c'est son physique.

Anth.Palat., V, 45

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Καπίτωνος

Capiton

κάλλος ἄνευ χαρίτων τέρπει μόνον οὐ κατέχει δέ·

  ὡς ἄτερ ἀγκίστρου νηχόμενον δέλεαρ

La beauté sans le charme, c'est plaisant, sans plus; ça n’accroche pas.

Un peu comme un appât mis à l'eau sans hameçon.

Anth.Palat., V, 67

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Παρμενίωνος

Parménion

ὁ Ζεὺς τὴν Δανάην χρυσοῦ κἀγὼ δὲ σὲ χρυσοῦ·

  πλείονα γὰρ δοῦναι τοῦ Διὸς οὐ δύναμαι

Zeus a eu Danaé à prix d'or, et moi aussi je t'ai eue à prix d'or;

te donner plus que Zeus n'a donné, je ne peux pas.

Anth.Palat., V, 33

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Ἀγαθίου τοῦ Σχολαστικοῦ

Agathias le Scholastique

εἴ ποτε μὲν κιθάρης ἐπαφήσατο πλῆκτρον ἑλοῦσα

  κούρη Τερψιχόρης ἀντεμέλιζε μίτοις

εἴ ποτε δὲ τραγικῷ ῥοιζήματι ῥήξατο φωνήν

  αὐτῆς Μελπομένης βόμβον ἀπεπλάσατο

εἰ δὲ καὶ ἀγλαΐης κρίσις ἵστατο μᾶλλον ἂν αὐτὴ

  Κύπρις ἐνικήθη κἂν ἐδίκαζε Πάρις·

σιγῇ ἐφ’ ἡμείων ἴνα μὴ Διόνυσος ἀκούσας

  τῶν Ἀριαδνείων ζῆλον ἔχοι λεχέων

Si d'aventure la jeune fille a touché sa cithare, le plectre en main,

de Terpsichore elle a surpassé la musique par ses cordes;

si d'aventure d'un geste de tragédie elle a fait retentir sa voix,

de Melpomène elle-même elle a rendu le timbre;

si d'aventure un concours de beauté était institué, c'est plutôt

Cypris en personne qui serait vaincue, même si Pâris en était le juge.

Faisons silence, évitons que si Dionysos nous entend

il ne devienne jaloux des draps d'Ariadnè.

Anth.Palat., V, 222

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Μαικίου

Maecius

τί στυγνή ; τί δὲ ταῦτα κόμης εἰκαῖα Φιλαινί

  σκύλματα καὶ νοτερῶν σύγχυσις ὀμματίων ;

μὴ τὸν ἐραστὴν εἶδες ἔχοντ’ ὑποκόλπιον ἄλλην ;

  εἶπον ἐμοί· λύπης φάρμακ’ ἐπιστάμεθα·

δακρύεις ; οὐ φῂς δέ ; μάτην ἀρνεῖσθ’ ἐπιβάλλῃ

  ὀφθαλμοὶ γλώσσης ἀξιοπιστότεροι

Pourquoi es-tu triste ? Philaenis, pourquoi t’arraches-tu les cheveux

sans raison et pourquoi tes pauvres yeux sont-ils brouillés de larmes ?

Tu as vu ton amoureux en serrer une autre dans ses bras ?

Réponds-moi ! Nous savons les remèdes à ton chagrin :

Tu pleures ? Non, dis-tu ? Tu cherches en vain à le nier :

on peut se fier davantage à tes yeux qu’à ta langue.

Anth.Palat., V, 130

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Μάρκου Ἀργενταρίου

Marcus Argentarius

στέρνα περὶ στέρνοις μαστῷ δἔπι μαστὸν ἐρείσας

  χείλεά τε γλυκεροῖς χείλεσι συμπιέσας

Ἀντιγόνης καὶ χρῶτα λαβὼν πρὸς χρῶτα· τὰ λοιπὰ

  σιγῶ· μάρτυς ἐφ’ οἷς λύχνος ἐπεγράφετο

Poitrine collée contre poitrine et sein contre sein,

mes lèvres pressant les douces lèvres

d'Antigone et ma peau touchant sa peau... le reste

je le tais, il n'y a eu qu'un témoin officiel : la lampe.

Anth.Palat., V, 128

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τοῦ αὐτοῦ

du même

οὐκ ἔσθ’ οὗτος ἔρως εἴ τις καλόν εἶδος ἔχουσαν

  βούλετ’ ἔχειν φρονίμοις ὄμμασι ἔχουσαν·

αλλ’ ὅστις κακόμορφον ἰδών, πεφαρημένος ἰοῖς

  στέργει μαινομένης ἐκ φρενὸς αἰθόμενος

οὗτος ἔρως πῦρ τοῦτο· τὰ γὰρ καλὰ πάντας ὁμοίως

  τέρπει τοὺς κρίνειν εἶδος ἐπισταμένους

Ce n'est pas de l'amour, quand on voit une femme qui possède une belle apparence

que de vouloir la posséder : c’est obéir à des yeux avisés.

Mais qu'à la vue d'une femme mal fichue, comme percé par des traits

qu’on en tombe amoureux et qu'on perde la tête et qu'on prenne feu:

voilà l'amour, voilà sa flamme. Car la beauté, elle, charme également

tous ceux qui savent la discerner.

Anth.Palat., V, 89

τοῦ αὐτοῦ

du même

παρθένον Ἀλκίππη ἐφίλουν μέγα· καί ποτε πείσας

  αὐτὴν λαθριδίως εἶχον ἐπὶ κλισίῃ·

ἀμφοτέρων δὲ στέρνον ἐπάλλετο· μή τις ἐπέλθῃ

  μή τις ἴδῃ τὰ πόθων κρυπτὰ περισσότερος·

μητέρα δ’ οὐκ ἔλαθεν κείνης λάλον· ἀλλ’ ἐσιδοῦσα

  ἐξαπίνης· ἑρμῆς κοινός ἔφη θύγατερ

J'étais très amoureux d'une jeune fille, Alcippe. Et un jour, je l’ai séduite

et je la possédais en cachette sur son lit.

Nos poitrines à tous deux palpitaient : que personne n’entre,

que personne ne surprenne en indiscret les secrets de nos étreintes.

Mais ses bavardages n'échappèrent pas à sa mère qui

tout soudain entra et nous vit et s’écria : « on partage le cadeau, ma fille ! ».

Anth.Palat., V, 127

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Πλάτωνος οἱ δὲ Φιλοδήμου

De Platon ou de Philodème selon d’autres

μήλον ἐγὼ βάλλει με φιλὼν σέ τις ἀλλἐπίνευσον

  Ξανθίππη κἀγὼ καὶ σὺ μαραινόμεθα

Je suis une pomme. Celui qui me jette, c’est quelqu’un qui t’aime. Mais réfléchis bien,

Xanthippe, moi comme toi, nous nous flétrirons.

Anth.Palat., V, 80

τοῦ αὐτοῦ

du même

τῷ μήλῳ βάλλω σε· σὺ δ’ εἰ μὲν ἐκοῦσα φιλεῖς με

  δεξαμένη τῆς σῆς παρθενίης μετάδος

εἰ δ’ ἑρ’ ᾣ μὴ γίνοιτο νοεῖς τοῦτ’ αὐτῷ λαβοῦσα

  σκέψαι τὴν ὤρην ὡς ὀλιγοχρόνιος

Avec la pomme, je t’envoie ceci : si tu m’aimes, toi, spontanément,

ramasse-la et ta virginité tu la donnes en échange.

Au contraire si tu penses que ceci ne doit pas se faire, puisque tu l’as prise,

Regarde comme la beauté est une chose éphémère.

Anth.Palat., V, 79

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Ῥουφίνου

Rufin

εἰ δυσὶν οὑκ ἴσχυσας ἴσην φλόγα πυρφόρε καῦσαι

  τὴν ἑνὶ καιομένην ἢ σβέσον ἢ μετάθες

Si tu es impuissant, incendiaire, à allumer la même flamme dans deux coeurs à la fois,

celle qui ne brûle que dans un seul cœur éteins-la ou fais la passer dans l'autre.

Anth.Palat., V, 88

 

Ad Dionen, de amore suo.

Aut restingue ignem, quo torreor, alma Dione,

Aut transire jube : vel face utrinque parem.

A Dioné, sur son amour.

Éteins le feu qui m'embrase, bienfaisante Dioné,

fais-le passer, ou qu'une autre le partage.

Ausone, Épigrammes, 80.

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Παλλάδα

Palladas

χαλκοτύπος τὸν Ἔρωτα μεταλλάξας ἐπόησε

  τήγανον· οὐκ ἀλόγως ὅττι καὶ αὐτὸ φλέγει

Un forgeron a transformé l'Amour pour en faire

une poêle à frire. Pas bête, dans la mesure où il est brûlant lui aussi.

Anth.Palat., IX, 773.

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Ἀδέσποτα ἐρωτικὰ ἐπιγράμματα

 

 

ἐπί Νέστορος ποτηρίῳ

sur la coupe de Nestor

ΝΕΣΤΟΡΟΣ : ΜΕΝ : ΕΥΠΟΤΟΝ : ΠΟΤΕΡΙΟΝ

ΗΟΣ Δ ΑΥΤΟ ΔΕ ΠΙΕΣΙ : ΠΟΤΕΡΙΟ : ΑΥΤΙΚΑ ΚΕΝΟΝ

ΗΙΜΕΡΟΣ ΑΙΡΕΣΕΙ : ΚΑΛΛΙΣΤΕΦΑΝΟ : ΑΦΡΟΔΙΤΕΣ

Nestor.tif

Νέστορος μὴν εὔποτον ποτήριον

ὃς δαὐτοῦ δὴ πιήσει ποτηρίου αὐτίκα κῆνον

ἵμερος αἰρήσει καλλιστεφένου Ἀφροδίτης

De Nestor voici la coupe où il fait bon boire,

Celui qui boira dans cette coupe, c'est sûr, celui-là

le désir le prendra d'Aphrodite à la belle couronne.

 

Cette épigramme est inscrite de droite à gauche en caractères eubéens

sur une coupe découverte à Pithèkoussa (Ischia).

On la date de la fin du 8ème s. av. J.-C.

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ἀδέσποτον

anonyme

πέμπω σοι μύρον ἡδύ, μύρῳ τὸ μύρον θεραπεύων

  ὡς Βρομίῳ σπένδων νᾶμα τὸ τοῦ Βρομίου

Je t'envoie un doux parfum, pour honorer le parfum par un parfum,

comme si j'offrais au dieu du vin une libation de vin.

Anth.Palat., V, 90

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ἀδέσποτον

anonyme

πέμπω σοι μύρον ἡδύ, μύρῳ παρέχων χάριν οὑ σοί·

  αὑτὴ γὰρ μυρίσαι καὶ τὸ μύρον δύνασαι

Je t'envoie un doux parfum ; c'est un cadeau que je fais au parfum, pas à toi :

tu peux parfumer même le parfum.

Anth.Palat., V, 91

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Dernière mise à jour: 26/10/02