Noctes Gallicanae

Artistes célèbres

 

Πραξιτέλης ὁ ἀγαλματοποιός

Praxitèle


 

Τέχνας εἵνεκα σεῖο καὶ ἁ λίθος οἶδε βρυάζειν

  Πραξίτελες· λῦσον καὶ πάλι κωμάσομαι

νῦν δ’ἡμῖν οὐ γῆρας ἔτ’ἀδρανὲς ἀλλ’ὁ πεδητὰς

  Σειληνοῖς κώμων βάσκανός ἐστι λίθος

Par ton talent, même la pierre sait ce qu’est le plaisir,

Praxitèle ! détache-moi et je ferai de nouveau la fête.

Eh oui, pour nous ce n’est pas la vieillesse qui paralyse, mais pour nous, les Silènes,

c’est la pierre jalouse qui entrave nos fêtes.

Anth. Palat., IX, 756 (Emilien de Nicée)

 

Praxiteles propter artificium egregium nemini est paulum modo humaniori (ignotus).

Grâce à l’excellence de son talent, Praxitèle n’est inconnu d’aucun homme un tant soit peu cultivé. (Varron).

 

[Signum] Cupidinis marmoreum Praxiteli ; nimirum didici etiam, dum in istum inquiro, artificum nomina. Idem, opinor, artifex eiusdem modi Cupidinem fecit illum qui est Thespiis, propter quem Thespiae visuntur ; nam alia visendi causa nulla est. Atque ille L. Mummius, cum Thespiadas, quae ad aedem Felicitatis sunt, ceteraque profana ex illo oppido signa tolleret, hunc marmoreum Cupidinem, quod erat consecratus, non attigit.

L'une des quatre était un Cupidon de marbre, ouvrage de Praxitèle. En faisant mon enquête, j'ai appris jusqu'aux noms des artistes. Si je ne me trompe, c'est le même Praxitèle qui a fait le Cupidon de marbre qu'on voit à Thespies, où sa beauté seule attire les étrangers ; car cette ville n'a rien, d'ailleurs qui puisse les appeler. Lorsque Mummius enleva de Thespies les statues des Muses, aujourd'hui placées devant le temple de la Félicité, et les autres ornements profanes, il ne toucha pas à ce Cupidon, parce qu'il était consacré. Cicéron, De signis, II.

 

Pline situe l’acmé de Praxitèle dans la 104ème olympiade, c’est-à-dire entre 364 et 361 av. J.-C.

 

Praxiteles quoque, qui marmore felicior ideo et clarior fuit, fecit tamen et ex aere pulcherrima opera : Proserpinae raptum, item catagusam et Liberum patrem, Ebrietatem nobilemque una Satyrum, quem Graeci periboëton cognominant, et signa, quae ante Felicitatis aedem fuere, Veneremque, quae ipsa aedis incendio cremata est Claudii principatu, marmoreae illi suae per terras inclutae parem.

Praxitèle aussi, qui fut plus heureux encore et donc plus admiré pour ses marbres, réalisa pourtant aussi quelques très belles œuvres en bronze : un Enlèvement de Proserpine, ainsi qu’une Captive, un Bacchus, une Ivresse et aussi le célèbre Satyre que les Grecs appellent periboetos [peribñhtow : « dont le nom est proclamé partout »], et les statues qui se trouvaient devant le temple de la Fortune, une Vénus qui fut elle-même brûlée sous le règne de Claude dans l’incendie du temple où elle se trouvait, et qui valait la statue de marbre, connue dans la terre entière, du même artiste.

Habet simulacrum et benignitas eius ; Calamidis enim quadrigae aurigam suum inposuit, ne melior in equorum effigie defecisse in homine crederetur.

On possède même une représentation de son heureux caractère : il est l’auteur du cocher du Quadrige de Calamis, ne voulant pas que celui-ci qui avait plus de talent pour sculpter les chevaux ne passe pour avoir mal réussi l’homme. Pline, XXXIV, 69-71.

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Copie en marbre du 1er s. après J.-C.

Item stephanusam, pseliumenen, Oporan, Harmodium et Aristogitonem tyrannicidas, quos a Xerxe Persarum rege captos victa Perside Atheniensibus remisit Magnus Alexander. Fecit et puberem Apollinem subrepenti lacertae comminus sagitta insidiantem, quem sauroctonon vocant. Spectantur et duo signa eius diversos adfectus exprimentia, flentis matronae et meretricis gaudentis. Hanc putant Phrynen fuisse deprehenduntque in ea amorem artificis et mercedem in vultu meretricis.

Citons aussi la Femme offrant une couronne, la Femme au bracelet, l’Automne, les Tyrannicides Harmodios et Aristogiton. Ce groupe, qu’avait pris Xerxès, le roi de Perse, fut rendu aux Athéniens par Alexandre le Grand après sa victoire sur la Perse. Il fit aussi un Apollon jeune, qui guette d’une flèche un lézard qui rampe vers lui, statue que les Grecs appellent le Sauroctone [« le tueur de lézard »]. On admire aussi deux statues de lui qui expriment des sentiments opposés : la Dame en pleurs et la Courtisane réjouie. On pense que cette dernière représente Phryné et l’on y reconnaît l’amour de l’artiste et le plaisir de la récompense sur le visage de la courtisane. Pline, XXXIV, 50.

Pline n’est pas clair : qui reçoit la récompense ? l’artiste ou la courtisane ?

 

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« L’Apollon Sauroctone, c’est-à-dire « tueur de lézard », représenté sous la forme d’un adolescent prêt à attaquer le lézard qui grimpe sur un arbre. Il se peut que ce groupe évoque, sur un mode apaisé, la lutte d’Apollon contre le serpent Python. Cependant, la statue pourrait rappeler la fonction purificatrice d’Apollon destructeur de fléaux. Ce motif si particulier attesté par un grand nombre de répliques est attribué au sculpteur athénien Praxitèle. L’original en bronze aujourd’hui disparu aurait été créé vers 350-340 avant J.-C. »

Notice du musée du Louvre


La Vénus de Cnide

 

Cnide se trouvait à l’extrémité d’une péninsule, actuellement en Turquie, entre Kos au nord et Rhodes au sud.

 

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Telle que tu naquis des sens de Praxitèle

Toute amante est divine, et je doute, à ses yeux,

Si le Ciel te fait femme ou la fait immortelle,

Si tu descends vers l'homme ou renais pour les Dieux.

                                                 Pierre Louÿs

 

 

 

 

Voyez le

« Site officiel du Musée du Louvre »

 

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Praxitelis aetatem inter statuarios diximus, qui marmoria gloria superavit etiam semet. Opera eius sunt Athenis in Ceramico, sed ante omnia est non solum Praxitelis, verum in toto orbe terrarum Venus, quam ut viderent, multi navigaverunt Cnidum. Duas fecerat simulque vendebat, alteram velata specie, quam ob id praetulerunt quorum condicio erat, Coi, cum eodem pretio detulisset, severum id ac pudicum arbitrantes; reiectam Cnidii emerunt, inmensa differentia famae.

J’ai situé l’époque de Praxitèle quand j’ai parlé des statues de bronze, mais il a dépassé sa propre réputation avec ses œuvres en marbre. Il y a des œuvres de lui à Athènes au Céramique, mais au-dessus de toutes les autres, non seulement celles de Praxitèle mais celles du monde entier, il y a sa Vénus. Bien des gens ont fait la traversée vers Cnide simplement pour la voir. Il en avait réalisé deux, qu’il avait mises en vente en même temps. L’une était représentée portant un voile, c’est celle que préférèrent, précisément pour cette raison, les gens de Cos qui en avaient réservé une et bien qu’il en fût demandé le même prix : elle leur paraissait plus grave et plus convenable. Les gens de Cnide achetèrent celle qui restait, celle qui a acquis une renommée sans commune mesure avec l’autre.

 

Voluit eam a Cnidiis postea mercari rex Nicomedes, totum aes alienum, quod erat ingens, civitatis dissoluturum se promittens. Omnia perpeti maluere, nec inmerito; illo enim signo Praxiteles nobilitavit Cnidum. Aedicula eius tot aperitur, ut conspici possit undique effigies deae, favente ipsa, ut creditur, facta. Nec minor ex quacumque parte admiratio est. Ferunt amore captum quendam, cum delituisset noctu, simulacro cohaesisse, eiusque cupiditatis esse indicem maculam.

Par la suite, le roi Nicomède voulut l’acheter aux gens de Cnide, promettant d’acquitter en échange la totalité des dettes de la cité, dettes qui étaient énormes. Ils préférèrent tout supporter, et avec raison, puisque c’est Praxitèle qui a fait avec sa statue la réputation de Cnide. Son temple est ouvert de telle sorte qu’on puisse voir de tous les côtés le portrait de la déesse, réalisé dit-on avec l’aide de la déesse elle-même. Et ce portrait est admirable sous tous les angles. Il paraît qu’un homme devenu fou d’amour s’est dissimulé une nuit pour étreindre la statue et que son désir est trahi par une tache.

 

Sunt in Cnido et alia signa marmorea inlustrium artificum, Liber pater Bryaxidis et alter Scopae et Minerva, nec maius aliud Veneris Praxiteliae specimen quam quod inter haec sola memoratur.

Il y a à Cnide bien d’autres statues de marbre d’artistes célèbres : un Bacchus de Bryaxis, un Bacchus et une Minerve de Scopas, mais il n’est pas de plus grande preuve du rang exceptionnel de la Vénus de Praxitèle que le fait qu’elle seule soit mentionnée parmi toutes les autres. Pline, XXXVI, 20-22.

 

 

εἰς ἄγαλμα Ἀφροδίτης τῆς ἐν Κνίδῳ

la statue d’Aphrodite à Cnide

τίς λίθον ἐψύχωσε ; τίς ἐν χθονὶ Κύπριν ἐσεῖδεν ;

         ἵμερον ἐν πέτρῃ τίς τόσον εἰργάσατο ;

Πραξιτέλους χειρῶν ὅδε που πόνος τάχὌλυμπος

         χηρεύει Παφίης ἐς Κνίδον ἐρχομένης

Qui a donné une âme à la pierre ? Qui a vu Cypris sur la terre ?

Ce charme, tant de charme, qui l’a inscrit dans le marbre ?

Certes c’est l’œuvre des mains de Praxitèle, ou alors l’Olympe

Est veuf parce que la déesse de Paphos est venue à Cnide.

Anth. Planude, 159.

 

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Πλάτονος τοῦ φιλοσόφου

Παφίη Κυθέρεια διοἴματος ἐς Κνίδον ἦλθε

   βουλομένη κατιδεῖν εἰκόνα τὴν ἰδίην·

πάντη δἀθρήσασα πεισκέπτῳ ἐνὶ χώρῳ

   φθέγξατο· ποῦ γυμνὴν εἶδέ με Πραξιτέλης ;

de Platon le philosophe

Cythérée la déesse de Paphos était venue à Cnide portée par une vague,

Elle voulait voir la statue qui la représente.

Elle l’examina à fond, elle est placée de telle sorte qu’on puisse la voir de tous les côtés,

Et s’écria : « mais où Praxitèle m’a-t-il vue toute nue ? ».

Anth. Planude, 160.

 

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Πραξιτέλης οὐκ εἶδεν ἃ μὴ θέμις· ἀλλ’ ὁ σίδερος

   ἔξεσεν οἵαν Ἄρης ἤθελε τὴν Παφίην

Praxitèle n’a rien vu qui soit défendu, mais son ciseau

L’a fait naître telle qu’était la déesse de Paphos quand Arès l’a désirée.

Anth. Planude, 160b.

 

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οὔτε σε Πραξιτέλης τεχνάσατο οὔθ’ ὁ σίδαρος

   ἀλλ’ οὕτως ἔστης ὥς ποτε κρινομένη

Praxitèle ne t’a pas créée, pas plus que son ciseau :

C’est ainsi que tu te tenais quand tu as participé au concours.

Anth. Planude, 161.

 

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ἁ Κύπρις τὰν Κύπριν ἐνὶ Κνίδῳ εἶπεν ἰδοῦσα·

   φεῦ φεῦ ποῦ γυμνὴν εἶδέ με Πραξιτέλης ;

Cypris vit la Cypris de Cnide et s’écria :

« Aïe, aïe, mais où Praxitèle m’a-t-il vue toute nue ? ».

Anth. Planude, 162.

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Λουκιάνου

τὴν Παφίην γυμνὴν οὐδεὶς ἴδεν· εἰ δέ τις εἶδεν

   οὗτος τὴν γυμνὴν στησάμενος Παφίην

de Lucien

La déesse de Paphos, personne ne l’a vue nue ; mais si quelqu’un l’a vue,

C’est celui qui a dressé nue la déesse de Paphos.

Anth. Planude, 163

 

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Ἀντιπάτρου τοῦ Σιδωνίου

γυμνὴν εἶδε Πάρις με καὶ Ἀγχίσης καὶ Ἄδωνις

   τοὺς τρεῖς οἶδα μόνους, Πραξιτέλης δὲ πόθεν

d'Antipater de Sidon

Pâris m’a vue nue, Anchise aussi, Adonis aussi,

Ces trois-là, je croyais que c’étaient les seuls, mais Praxitèle, où ?

Anth. Planude, 164

 

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Vera Venus Cnidiam quum vidit Cyprida, dixit

Vidisti nudam me, puto, Praxitele.

Non vidi, nec fas : sed ferro opus omne polimus.

Ferrum Gradivi Martis in arbitrio :

qualem igitur domino scierant placuisse Cytheren,

talem fecerunt ferrea cala Deam.

Quand la véritable Vénus aperçut la Vénus de Cnide, elle dit :

« Tu m'as vue toute nue, j'imagine, Praxitèle ?

–Non, je ne t'ai point vue, et cela ne m'était pas permis.

Mais c'est avec le fer que toutes nos oeuvres se façonnent,

et le fer est au service de Mars Gradivus.

–Or, telle ils savaient que Cythérée avait plu à leur maître,

telle mes ciseaux de fer ont formé la déesse. »

Ausone, Épigrammes, 57.

 

 

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Voilà pour la Vénus. Antipater me fournit une transition facile pour aborder l’Éros de Thespies (en Béotie) :

φάσεις τὰν μὲν Κύπριν ἀνὰ κραναὰν Κνίδον ἀθρων·

  ἅδε που ὡς φλέξει καί λίθος εὖσα λίθον·

τὸν δἐνί Θεσπιάδας γλυκὺν Ἵμερον οὐχ ὅτι πέτρον

  ἀλλὅτι κἠν ψυχρῷ πῦρ ἀδάμαντι βαλεῖ.

τοίους Πραξιτέλης κάμε δαίμονας, ἄλλον ἐπἄλλας

  γᾶς ἵνα μὴ δισσῷ πάντα θέροιτο πυρί

Tu diras en examinant la Cypris de Cnide la Rocheuse,

« Celle-ci, le jour où elle s’enflammera, toute de pierre qu’elle soit, brûlera les pierres » ;

à Thespies, du doux Amour, tu ne diras pas « au marbre »,

mais tu diras qu’il « mettra le feu même à l’acier froid ».

Tels sont les dieux, œuvres de Praxitèle, l’un sur un continent,

L’autre sur l’autre, afin d’éviter que d’un double feu ils ne consument l’univers.

Anth. Planude, 167.

 

 

L’Éros de Thespies

Eiusdem est et Cupido, obiectus a Cicerone Verri ille, propter quem Thespiae visebantur, nunc in Octaviae scholis positus; eiusdem et alter nudus in Pario colonia Propontidis, par Veneri Cnidiae nobilitate et iniuria; adamavit enim Alcetas Rhodius atque in eo quoque simile amoris vestigium reliquit.

Du même artiste il y a aussi un Cupidon, celui-là même que Cicéron jette à la face de Verrès, « celui pour lequel on va visiter Thespies », et qui se trouve aujourd’hui dans la promenade d’Octavie, et toujours de Praxitèle, un autre, nu, à Parium, une colonie de Propontide, qui partage la réputation et les outrages de la Vénus de Cnide : Alcétas de Rhodes en tomba amoureux et laissa sur lui aussi une semblable trace de son amour. Pline, XXXVI, 22.

 

Λεωνίδου τοῦ Ταραντίνου

Θεσπιέες τόν Ἔρωτα μόνον θεὸν ἐν Κυθερείης

  ἅζοντοὐχ ἑτέρου γραπτὸν ἀπἀρχετύπου

ἀλλὃν Πραξιτέλης ἔγνω θεόν· ὃν περὶ Φρύνῃ

  δερκόμενος σφετέρων λύτρον ἔδωκε πόθων

L’Éros vénéré à Thespies, seul dieu du temple de Cythérée,

N’est pas la copie d’un modèle trouvé ailleurs,

Mais le dieu qu’a connu Praxitèle. Il l’avait vu entourer

Phryné et le lui donna pour prix de ses désirs passionnés.

Anth. Planude, 206

 

 

Praxitèle avait en effet promis à Phryné de lui donner la plus belle de ses œuvres, mais il semblait peu soucieux ou peu pressé de tenir sa promesse :

Kαί ποτε Φρύνης αἰτούσης, ὅ τι οἱ κάλλιστον εἴη τῶν ἔργων, ὁμολογεῖν μέν φασιν οἷα ἐραστὴν διδόναι οἱ ἐραστὴν ὄντα, κατειπεῖν δ᾽ οὐκ ἐθέλειν, ὅ τι κάλλιστον αὐτῷ οἱ φαίνοιτο. Ἐσδραμὼν οὖν οἰκέτης Φρύνης ἔφασκεν οἴχεσθαι Πραξιτέλει τὸ πολὺ τῶν ἔργων, πυρὸς ἐσπεσόντος ἐς τὸ οἴκημα, οὐ μὲν οὖν πάντα γε ἀφανισθῆναι.

Phryné lui demanda un jour celle qu’il considérait comme la plus belle de ses statues. On dit qu’il accepta de la lui donner puisqu’elle était sa maîtresse, mais qu’il ne voulut pas lui dire laquelle il considérait comme la plus belle. Alors un esclave de Phryné vint en courant trouver Praxitèle et lui dit que le feu avait pris à son atelier et avait anéanti la plus grande partie de ses œuvres mais pas tout.

Πραξιτέλης δὲ αὐτίκα ἔθει διὰ θυρῶν ἔξω, καί οἱ καμόντι οὐδὲν ἔφασκεν εἶναι πλέον, εἰ δὴ καὶ τὸν Σάτυρον ἡ φλὸξ καὶ τὸν Ἔρωτα ἐπέλαβε. Φρύνη δὲ μένειν θαρροῦντα ἐκέλευε, παθεῖν γὰρ ἀνιαρὸν οὐδέν· τέχνῃ δὲ ἁλόντα ὁμολογεῖν τὰ κάλλιστα ὧν ἐποίησε. Φρύνη μὲν οὕτω τὸν Ἔρωτα αἱρεῖται.

Praxitèle se précipita aussitôt à la porte et sortit en disant qu’il ne restait rien à l’artiste si la flamme n'avait pas épargné son Amour et son Satyre ; Phryné lui demanda de rester et de se rassurer, que rien n’avait souffert de dommage ; mais que grâce à sa ruse, elle venait d'apprendre de sa bouche ce qu'il avait fait de mieux. Phryné choisit donc l’Eros, l'Amour. Pausanias, I, 20.

 

 

Πραξιτελοῦς τοῦ ἀγαλματοποιοῦ

ἐν τῇ τοῦ Ἔρωτος βάσει

Πραξιτέλης ὃν ἔπασχε διηκρίβωσεν ἔρωτα

  ἐξ ἰδίης ἕλκων ἀρχέτυπον κραδίης·

Φρύνῃ μισθὸν ἐμεῖο διδοὺς ἐμὲ φίλτρα δὲ βάλλω

  οὐκέτὀϊστεύων ἀλλἀτενιζόμενος

Du sculpteur Praxitèle

sur le socle de la statue d’Éros

Praxitèle a réalisé l’amour qu’il a ressenti

En tirant le modèle de son propre cœur ;

Il m’a donné à Phryné : je suis moi-même mon propre salaire. Mais je jette des charmes

Non plus par les traits que je lance mais par les regards qui me sont lancés.

Anth. Planude, 204.

Athénée attribue cette épigramme à Praxitèle lui-même (Πραξιτέλης ἐπέγραψε), mais Planude l’attribue à Simonide.

 

 

Θεσπιεῦσι δὲ ὕστερον χαλκοῦν εἰργάσατο Ἔρωτα Λύσιππος, καὶ ἔτι πρότερον τούτου Πραξιτέλης, λίθου τοῦ Πεντελῆσι. Καὶ ὅσα μὲν εἶχεν ἐς Φρύνην καὶ τὸ ἐπὶ Πραξιτέλει τῆς γυναικὸς σόφισμα, ἑτέρωθι ἤδη μοι δεδήλωται. Pour Thespies ensuite Lysippos réalisa un Eros en bronze, et avant lui encore Praxitèle en réalisa un en marbre du Pentélique. Son attachement à Phryné et la ruse de la femme à l’encontre de Praxitèle, je l’ai déjà exposé plus haut.

Πρῶτον δὲ τὸ ἄγαλμα κινῆσαι τοῦ Ἔρωτος λέγουσι Γάιον δυναστεύσαντα ἐν Ῥώμῃ, Κλαυδίου δὲ ὀπίσω Θεσπιεῦσιν ἀποπέμψαντος, Νέρωνα αὖθις δεύτερα ἀνάσπαστον ποιῆσαι·καὶ τὸν μὲν φλὸξ αὐτόθι διέφθειρε.

Le premier à faire transporter cette statue à Rome fut, dit-on, Gaius [Caligula] qui régna à Rome ; Claude la fit rapporter à Thespies, mais Néron la fit enlever de nouveau ; elle fut détruite par un incendie. […]

Ἐνταῦθα καὶ αὐτοῦ Πραξιτέλους Ἀφροδίτη καὶ Φρύνης ἐστὶν εἰκών, λίθου καὶ ἡ Φρύνη καὶ ἡ θεός.

Là [à Thespies], de Praxitèle lui-même, se trouvent une Aphrodite et une statue de Phryné, toutes les deux en marbre, Phryné et la déesse. Pausanias, 9, 27.

 

 

Aphrodite, dite «Vénus d'Arles»

 

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« Époque de l'empereur Auguste (27 avant J.-C. - 14 après J.-C.). Découvert dans le théâtre antique d'Arles (France).

Marbre du mont Hymette (région d'Athènes)

Cette Vénus fut offerte à Louis XIV pour le château de Versailles. François Girardon, sculpteur du roi, en fit définitivement une déesse de l'Amour en lui donnant pour attributs la pomme dans la main droite et le manche d'un miroir dans la gauche, faisant ainsi référence à la victoire remportée par la déesse lors du Jugement de Pâris. Cette oeuvre, connue par d'autres répliques, pourrait reproduire l’Aphrodite de Thespies (en Béotie, Grèce centrale) commandée vers 360 avant J.-C. au sculpteur Praxitèle par la courtisane Phryné. »  Notice du musée du Louvre.

 


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pour en savoir plus sur Phryné de Thespies


 

 

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