Noctes Gallicanae

 

Προτρεπτικ ἐπιγράμματα

 

Épigrammes morales


Nihil novi sub sole !


 

Παλλάδα

Palladas

 

 

πολλὰ μεταξὺ πέλει κύλικος καὶ χείλεος ἄκρου

Il y a loin de la coupe aux lèvres.

Anth. X, 32

Proverbe parfois attribué à Homère lui-même !

 

γῆς ἐπέβη γυμνός· γυμνός θὑπὸ γαῖαν ἄπειμι·

  καὶ τί μάτην μοχθῶ γυμνὸν ὁρῶν τὸ τέλος ;

Je suis venu sur terre tout nu, tout nu sous terre je m’en irai,

pourquoi donc me donner tant de peine inutile, puisque je vois la fin toute nue ?

Anth. X, 58

 

φεύγετε τοὺς πλουτοῦντας ἀναιδέας οἰκοτυράννους

  μισοῦντας πενίην μητέρα σωφροσύνας

Fuyez les nouveaux riches, sans honte, tyrans domestiques,

qui détestent la pauvreté, mère de la sagesse.

Anth. X, 61

 

σκηνὴ πᾶς βίος καὶ παίγνιον μάθε παίζειν

  τὴν σπουδὴν μεταθεὶς φέρε τὰς ὀδύνας

La vie est une scène, la vie est une comédie : apprends à jouer

et ne sois plus sérieux, ou porte ton fardeau.

Anth. X, 72

 

πάντες τῷ θανάτῳ τηρούμεθα καὶ τρεφόμεσθα

  ὡς ἀγέλη χοίρων σφαζομένων ἀλόγως

Tous, nous sommes gardés et nous sommes nourris

comme un troupeau de porcs que l’on égorge sans justification.

Anth. X, 85

 

οὐκ ἐμὲ τὴν πενίην δὲ καθύβρισας· εἱ δὲ καὶ Ζεὺς

  ἦν ἐπὶ γῆς πτωχός, καὐτὸς ἔπασχεν ὕβριν

Ce n’est pas moi mais ma pauvreté que tu as injuriée. Mais si Zeus lui-même

était sur terre et pauvre, lui aussi aurait été blessé par ton injure !

Anth. XI, 302

 

πάντα μὲν οἶδα, λέγεις· ἀτελὴς δἐν πᾶσιν ὑπάρχεις

  γευόμενος πάντων οὐδὲν ἔχεις ἴδιον

Je sais tout, dis-tu ; mais tu es incomplet en tout,

en goûtant à tout, tu n’as rien qui soit vraiment à toi.

Anth. XI, 355

 

Declamas belle, causas agis, Attice, belle ;

   historias bellas, carmina bella facis ;

componis belle mimos, epigrammata belle ;

   bellus grammaticus, bellus es astrologus,

   et belle cantas et saltas, Attice, belle ;

   bellus es arte lyrae, bellus es arte pilae.

Nil bene cum facias, facias tamen omnia belle,

   uis dicam quid sis ? Magnus es ardalio.

Martial, II, 7.

 

πᾶσα γυνὴ χόλος ἐστίν· ἔχει δἀγαθὰς δύω ὥρας

  τὴν μίαν ἐν θαλάμῳ τὴν μίαν ἐν θανάτῳ

« Toute femme est comme le fiel ; mais elle a deux bonnes heures,

une au lit, l’autre à sa mort. »

Anth. XI, 381

Traduction de Prosper Mérimée, épigraphe de Carmen.

 

σιγῶν παρέχου τὸν ταλαίπωρον βίον

αὐτὸν σιωπῇ τὸν χρόνον μιμούμενος

λάθων δὲ καὶ βίωσον εἰ δὲ μὴ θανών

En silence parcours cette vie misérable,

imitant par ton silence le temps lui-même,

et vis discrètement, ou si tu ne peux pas, meurs discrètement.

Anth. XV, 20

 


Λουκιάνου

Lucien

 

θνητὰ τὰ τῶν θνητῶν καὶ πάνταπαρέρχεται ἡμᾶς·

  ἢν δὲ μή, ἀλλ’ ἡμεῖς αὐτὰ παρεχόμεθα

Est mortel ce qui est aux mortels, et tout passe à côté de nous,

et ce qui ne passe pas à côté de nous, c’est nous passons à côté.

Anth. X, 31

 


Διονυσίου

Dionysos

 

ὥρη ῤᾶν ὥρη δὲ γαμεῖν ὥρη δὲ πεπαῦσθαι

Une heure pour aimer, une heure pour se marier et une heure pour se reposer.

Anth. X, 38

 


ἀδέσποτα

Anonymes

 

οἶνος καὶ τὰ λοετρὰ καὶ περὶ Κύπριν ἐρωὴ

  ὀξυτέρην πέμπει τὴν ὁδὸν εἱς αΐδην

Le vin, les bains et les plaisirs de Cypris

augmentent la pente de la route vers Hadès.

Anth., X, 112

Voyez une épitaphe latine très voisine.

 

πάντα γέλως καὶ πάντα κόνις καὶ πάντα τὸ μηδέν·

  πάντα γὰρ ἐξ ἀλόγων ἐστὶ τὰ γινόμενα

Tout est rire, tout est poussière, tout n’est rien :

car tout ce qui existe est issu de l’irrationnel.

Anth., X, 124 (attribué à un Glycon inconnu par ailleurs)

 

φροντίδες οἱ παῖδες μέγα μὲν κακὸν εἴ τι πάθοιεν

  εἰσὶ δὲ καὶ ζῶντες φροντίδες οὐκ ὀλίγαι·

ἡ γαλετὴ, χρηστὴ μὲν ἔχει τινὰ τέρψιν ἐν αὐτῇ

  ἡ δὲ κακὴ πικρὸν τὸν βίον ἀνδρὶ φέρει

Les enfants donnent bien du souci : c’est un grand malheur s’il leur arrive quelque chose,

mais du simple fait qu’ils soient vivants, ils donnent du souci, et pas qu’un peu !

quant à la femme, si elle est agréable, elle a un je ne sais quoi qui charme,

mais si elle est mauvaise, c’est une vie bien amère qu’elle fait à son mari.

Anth., X, 124a

« Les gosses, ça te pompe l’air...

– On aurait mieux fait de se faire curés ! »

Conversation de deux anonymes accablés que j’ai surprise par hasard

 

οὐκ ἔστι γήμας ὅστις οὐ χειμέζεται

  λέγουσι πάντες καὶ γαμοῦσιν εἰδότες

Il n’y a pas d’homme marié qui ne subisse le mauvais temps ;

tout le monde le dit et on se marie en connaissance de cause.

Anth., X, 116

 

πᾶσα γυνὴ φιλέει πλέον ἀνέρος· αἰδομένη δὲ

  κεύθει κέντρον ἔρωτος ἐρωμανέουσα καὶ αὑτή

La femme donne plus d’affection que l’homme, mais dans sa pudeur

elle cache l’aiguillon de l’amour et devient folle de l’amour elle aussi.

Anth., X, 120

 


 

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Dernière mise à jour: 06/12/2002