Noctes Gallicanae
Epigraphie latine

Rituel des Frères Arvales

 

 

Le collège des frères Arvales célébrait un culte agraire dans le bois sacré de la dea Dia à 7,5 km de Rome sur la via Campana. Il comprenait notamment les Ambarvalia, trois jours de fête autour du 29 mai. Les fragments retrouvés de leur rituel restent énigmatiques.

 

Arvalis dérive du substantif arva, « terre labourée » et Varron (Ling. Lat., 15) définit les Fratres Arvales comme qui sacra publica faciunt propterea ut fruges ferant arva ceux qui font des sacrifices pour que les champs labourés donnent des récoltes.

 

Dans son Histoire naturelle, XVIII, 2, Pline attribue l’origine de cette confrérie à Romulus : Arvorum sacerdotes Romulus in primis instituit seque duodecimum fratrem appellavit inter illos Acca Larentia nutrice sua genitos Romulus institua en premier lieu les prêtres Arvales et se nomma lui-même le douzième frère en même temps que ceux qu’avait mis au monde sa nourrice Acca Larentia.

 

Aulu-Gelle confirme cette tradition :

Sed Acca Larentia corpus in vulgus dabat pecuniamque emeruerat ex eo quaestu uberem. Ea testamento, ut in Antiatis Historia scriptum est, Romulum regem, ut quidam autem alii tradiderunt, populum Romanum bonis suis heredem fecit. Ob id meritum a flamine Quirinali sacrificium ei publice fit et dies e nomine eius in fastos additus. Sed Sabinus Masurius in primo Memorialium, secutus quosdam historiae scriptores, Accam Larentiam Romuli nutricem fuisse dicit. Ea, inquit, mulier ex duodecim filiis maribus unum morte amisit. In illius locum Romulus Accae sese filium dedit seque et ceteros eius filios fratres Arvales appellavit. Ex eo tempore collegium mansit fratrum Arvalium numero duodecim, cuius sacerdotii insigne est spicea corona et albae infulae.

Mais Acca Larentia livrait son corps au public et elle avait gagné à ce commerce beaucoup d’argent. Dans son testament elle institua héritier de ses biens le roi Romulus, comme l’écrit dans son Histoire Valerius Antia, le peuple romain, selon d’autres traditions. Pour ce mérite un sacrifice lui est fait au nom de l'État par le flamine de Quirinus et un jour à son nom fut ajouté aux fastes. Mais Sabinus Masurius dans le premier livre de ses Memorialia à la suite de certains historiens, dit qu'Acca Larentia fut la nourrice de Romulus. « Cette femme, dit-il, avait douze fils mâles, elle en perdit un qui mourut. A sa place Romulus se donna pour fils à Acca Larentia et ils s'appelèrent, lui et les autres fils, frères Arvales. Depuis ce temps le collège des frères Arvales compte douze membres ; l'insigne de cette prêtrise est la couronne d'épis et les bandelettes blanches.

Aulu-Gelle, VII, 7 : De Acca Larentia et Gaia Taracia deque origine sacerdotii fratrum arvalium


Leur rituel, très complexe et sans doute très archaïque, a été conservé dans de nombreuses inscriptions. Voici deux extraits de l’une d’entre elles, qui date du règne de Gordien, 238-240 ap. J.-C. (AE 1915, 0102).

 

PR KAL APRIL

[FR]A[T]RES ARVALES IN LVCO DEAE DIAE VIA CAMP APVD LAP V CONV

PER FAB FORTVNATVM VICTORINVM PROMAG VICE FL LVCILIANI

MAG OP INCHOANDI CAVSA LVCI SVBLVCANDI ET ARBORVM

OBLAQVEAND ET ALIAR RESTITVENDARVM HVIVS REI LVSTRVM

MISSVM SVOVETAVR MAIORIB ET ANTE AED DEAE DIAE B F AV

IVNCTAS ALB N II IANO PATR AR N II IOV VERB N II SIVE

DEO SIVE DEAE VERB N II VIRG OV N II FAMVL DIS VERB N II

LAR VERB N II MATRI LAR OV N II FLOR OV N II VEST M OV N II

ITEM ANTE CAES GEN D N IMP M ANTONI GORDIANI P F A T A

SOLEMN SACRIF FACTIS FELICIA DIX

Pridie Kalendas Apriles. Fratres Arvales in luco deae Diae via Campana apud lapidem V convenerunt  per Fabium  Fortunatum Victorinum promagistrum vice Flavi Luciliani  magistri, operis inchoandi causa luci sublucandi et arborum   oblaqueandarum et aliarum restituendarum. Huius rei lustrum missum suovetaurilibus maioribus et, ante aedem, deae Diae boves feminas auro iunctas albas numero II, Iano Patri arietes numero II, Iovi verbeces numero II, sive deo sive deae verbeces numero II virginibus oves numero II, famulis dis verbeces numero II, Laribus verbeces numero II, matri Larum oves numero II, Florae oves numero II, Vestae matri oves numero II. Item, ante caesareum, Genio domini nostri Imperatoris Marci Antoni Gordiani  Pii Felicis Augusti taurum auratum. Solemnibus sacrificiis factis felicia dixerunt

La veille des calendes d’avril (31 mars). Les frères Arvales se sont réunis dans le bois sacré de la déesse Dia sur la voie Campana à la borne 5, sous la présidence de Fabius Fortunatus Victorinus, Vice-maître, remplaçant le Maître Flavius Lucilianus, pour commencer les opérations : éclaircir le bois sacré, déplacer des arbres et en remettre d’autres. La cérémonie de purification de cette action commença par un suovétaurile solennel puis, devant le temple, à la déesse Dia on sacrifia des génisses blanches au nombre de deux attelées d’un joug d’or, à Janus Pater des béliers au nombre de deux, à Jupiter des moutons au nombre de deux, à la divinité masculine ou à la divinité féminine des moutons au nombre de deux et de jeunes brebis au nombre de deux, aux dieux subalternes des moutons au nombre de deux, aux Lares des moutons au nombre de deux, à la Mère des Lares des brebis au nombre de deux, à Flora des brebis au nombre de deux, à Vesta Mère des brebis au nombre de deux. Ensuite, devant l’autel des Césars, au Génie de notre maître l’empereur Marcus Antonius Gordianus Pius Felix Auguste un taureau aux cornes recouvertes d’or. Les sacrifices rituels accomplis, les frères Arvales prononcèrent les formules de bénédiction.

 

III KAL IVN

[IN LVCO DEAE DIAE FAB FORTVNATVS VICTORINVS PROMAG AD ARAM]

[IMMOLAVIT PORCILIAS PIACVLARES N II LVCI COINQVIENDI]

[ET OPERIS  FACIVNDI IBI VACCAM HONORARI]AM DEAE DIA[E IM]

[MOLAVIT ET INDE IN TETRASTY]LO REVERSVS SVBSELLIS CONSE[DIT]

[DEINDE REVERSVS AD AR]AM DEAE DIAE EXTAS PORCILIARVM II

REDDIDIT ET AD FOCVLVM ARG EXTA BACCHAE REDDIDIT [FEL]

DIX ET IN TETRASTVLVM REVERSVS EST ET SVBSELLIS C[ONSED]

ET IN CODICE CAVIT SE ADFVISSE ET SACR FECISSE ET EXTAS [RED]

DIDISSE  PRAETEXTA DEPOSVIT ET IN BALNEO IBIT REVER[SVS]

COLLEGAS SVOS VENIENTES EXCEPIT POSTQVAM PLENVS NV[MER]

VS COLLEGARVM CONVENIT TVNC VTRIQVE PRAETEXTA PO[S)]

ET IN TETRASTVLO SVBSELL CONS ET IN CODICE CAVER SE ADFV

ISSE ET SACR FECISSE ET MENSA PVMILA SINE FERRO ANTE IPSOS

POSITA EST ET PANES SILIGINEOS ACCEP ET DE SANGVNCVLO

PORCILIARVM VESCITI SVNT ET DE PORCILIAS PARTITI ET EPV

LATI SVNT ET IN TETRASTVLO CAPITA VELAVERVNT ET LVCVM

ASCENDER ET PROMAG ET FLAM STRVIB ET FERT FECER ET

IMMOL AGNA OP ALBA AD LITATIONE EXTA INSPEXERVNT ET

 

III Kalendas Iunias. In luco deae Diae, Fabius Fortunatus Victorinus promagister ad aram immolavit porcilias piaculares numero II, luci coinquiendi et operis faciundi. Ibi vaccam honorariam deae Diae immolavit et inde in tetrastylo reversus subsellis consedit. Deinde reversus ad aram deae Diae, extas porciliarum II reddidit et ad foculum argenteum extam bacchae reddidit. Felicia dixit. Et in tetrastulum reversus est et subsellis consedit et in codice cavit se adfuisse et sacrum fecisse et extas reddidisse. Praetextam deposuit et in balneo ibit. Reversus collegas suos venientes excepit. Postquam plenus numerus collegarum convenit, tunc utrique praetextas posuerunt et in tetrastulo subsellis consederunt et in codice caverunt se adfuisse et sacrum fecisse. Et mensa pumila sine ferro ante ipsos posita est et panes siligineos acceperunt et de sangunculo porciliarum vesciti sunt et de porcilias partiti et epulati sunt. Et in tetrastulo capita velaverunt et lucum ascenderunt. Et promagister et flamen struibus et fertis fecerunt et immolaverunt agnam opimam albam ad litationem extas inspexerunt.

Le 3 des calendes de juin (30 mai). Dans le bois sacré de la déesse Dia, Fabius Fortunatus Victorinus, Vice-maître, immola à l’autel les jeunes truies expiatoires au nombre de deux en raison de l’émondage du bois et des travaux accomplis. Il y immola une vache en l’honneur de la déesse Dia et de là, revenu dans le tétrastyle, il siégea sur les bancs. Puis, revenu à l’autel de la déesse Dia, il offrit en sacrifice les entrailles des deux jeunes truies et sur un brasero argenté les entrailles de la vache, et il prononça les formules de bénédiction. Et il revint dans le tétrastyle, et il siégea sur les bancs et il prit soin de consigner dans le registre qu’il était présent et qu’il avait fait le sacrifice et qu’il avait offert les entrailles. Il ôta sa toge prétexte et il alla se baigner. De retour, il accueillit ses collègues qui venaient le rejoindre. Lorsque le nombre total de ses collègues fut réuni, alors ses collègues et lui endossèrent leur toge prétexte et allèrent siéger dans le tétrastyle sur les bancs et prirent soin de noter dans le registre qu’ils étaient présents et qu’ils avaient accompli le sacrifice. La table en bois de vigne sans fer fut déposée devant eux et ils reçurent les pains blancs et consommèrent le boudin des jeunes truies et festoyèrent de morceaux des jeunes truies. Et dans le tétrastyle, ils se couvrirent la tête et montèrent au bois sacré et le Vice-maître et le flamine firent les prémisses de gâteaux et de pains sacrés et immolèrent une grasse agnelle blanche et examinèrent les entrailles pour savoir si le sacrifice était heureux.

 


Une cérémonie en 37 ap. J.-C. : des participants illustres.

 

] T(ITI) SE]XTI AFRICANI CONLEGI(I) FRA

[TR]VM ARVALIVM NOMINE

[AD] ARAM IMMOLAVIT DEAE

DIAE VACCAM DEINDE IN AE

DE IN FOCO SACRIFICIO FACTO

IMMOLAVIT DEAE DIAE AGNAM

OPIMAM QVO PERFECTO E

CARCERIBVS RICINIATVS CO

RONATVS SIGNVM QVADRIGI[S]

ET DESVLTORIBVS MISIT

ADFVERVNT M SILANVS P MEMMIVS REGVLV[S]

L SALVIVS OTHO MESSALA

CORVINVS

Q CAECINA PRIMO

P TREBONIO COS

IIII IDVS OCTOBR AVGVSTA

IBVS IN TEMPLO NOVO

[[A VITELLIVS]] PROMAGISTER

MAGISTERIO T SEXTI AFRICANI

CONLEGI FRATRVM ARVALIVM

NOMINE IMMOLAVIT DIVO

AVGVSTO BOVEM MAREM

DIVAE AVGVSTAE VACCAM

IN COLLEGIO ADFVERVNT

NERO CAESAR PRINCEPS

IVVENTVTIS P MEMMIVS

REGVLVS L SALVIVS OTHO

M SILANVS C PISO MESSALA CORVINVS

] Titi Sexti Africani, conlegii fratrum Arvalium nomine, ad aram immolavit deae Diae vaccam. Deinde in aede in foco sacrificio facto immolavit deae Diae agnam opimam. Quo perfecto e carceribus riciniatus coronatus signum quadrigis et desultoribus misit. Adfuerunt Marcus Silanus, Publius Memmius Regulus, Lucius Salvius Otho, Messala Corvinus.

Quinto Caecina Primo Publio Trebonio consulibus, (ante diem) IIII Idus Octobres, Augustalibus, in templo novo, Aulus Vitellius promagister, magisterio Titi Sexti Africani, conlegi fratrum Arvalium nomine, immolavit divo Augusto bovem marem, divae Augustae vaccam. In collegio adfuerunt Nero Caesar princeps iuventutis, Publius Memmius Regulus, Lucius Salvius Otho, Marcus Silanus, Gaius Piso, Messala Corvinus.

AE 1977, 18

… de Titus Sextus Africanus, au nom du collège des frères Arvales, il immola à l’autel de la déesse Dia (Junon) une vache. Ensuite, dans le temple, sur le foyer, ce sacrifice terminé, il immola à la déesse Dia une grasse agnelle. Ceci accompli, la tête couverte et couronné, il donna du haut des stalles le signal aux quadriges et aux voltigeurs. Étaient présents Marcus Silanus, Publius Memmius Regulus, Lucius Salvius Othon, Messala Corvinus. Sous le consulat de Quintus Caecina Primus et de Publius Trebonius, le 4 des ides d’octobre (12 octobre), pour les Augustales, dans le temple neuf, le vice-président Aulus Vitellius, sous la présidence de Titus Sextus Africanus, au nom du collège des frères Arvales, il immola au divin Auguste un bovin mâle, à la divine Augusta une vache. Étaient présents Néron César, prince de la Jeunesse, Publius Memmius Regulus, Lucius Salvius Othon, Marcus Silanus, Gaius Pison, Messala Corvinus.

 

Nero Caesar

Le « Nero Caesar » dont il est question ici était le petit-fils de Tibère, Tiberius Claudius Drusus Nero, né vers 20.

Εἶχε μὲν γὰρ καὶ τὸν Τιβέριον τὸν ἔκγονον· ἀλλ´ ἐκεῖνον μὲν διά τε τὴν ἡλικίαν (ἔτι γὰρ παιδίον ἦν) καὶ διὰ τὴν ὑποψίαν (οὐ γὰρ ἐπιστεύετο τοῦ Δρούσου παῖς εἶναι) παρεώρα (Tibère) avait aussi un petit-fils, Tibère, mais du fait de son âge (c’était [en 33] encore un enfant) et par méfiance, il pensait en effet que ce n’était pas le fils de Drusus, il le dédaignait. Dion Cassius, LVIII, 23. De ce fait, Tibère choisit Caligula pour successeur, persuadé aussi, ajoute Dion Cassius, que Caligula n’attendrait pas longtemps pour se débarrasser de ce rival possible : « Σύ τε τοῦτον ἀποκτενεῖς καὶ σὲ ἄλλοι » tu le tueras (dit Tibère à Caligula), et toi, d’autres te tueront (ibid.).

Tibère, finalement, décide de laisser l’empire à Caligula tout en lui associant son petit-fils.

 

Fratrem Tiberium die virilis togae adoptavit appellavitque principem iuventutis [Caligula] adopta son frère Tibère le jour où il prit la toge virile et lui donna le titre de Prince de la Jeunesse. Suétone, Caligula, 16.

Les apparences étant sauves, Caligula peut tranquillement poursuivre ses desseins et réaliser la prédiction de Tibère :

Fratrem Tiberium inopinantem repente immisso tribuno militum interemit Silanum item socerum ad necem secandasque novacula fauces compulit, causatus in utroque, quod hic ingressum se turbatius mare non esset secutus ac spe occupandi urbem, si quid sibi per tempestates accideret, remansisset, ille antidotum obol[e]visset, quasi ad praecavenda venena sua sumptum, cum et Silanus inpatientiam nauseae vitasset et molestiam navigandi, et Tiberius propter assiduam et ingravescentem tussim medicamento usus esset Il fit tuer à l’improviste par un tribun militaire son frère Tibère. De même, il força son beau-père Silanus à se tuer en se tranchant la gorge avec un rasoir. Il reprochait à ce dernier de ne pas l’avoir suivi un jour qu’il s’embarquait par gros temps et d’être resté à Rome avec l’espoir de s’en rendre maître si quelque chose était arrivé à l’empereur dans la tempête ; il reprochait au premier de sentir l’antidote, antidote qu’il aurait pris pour se protéger de ses poisons. En réalité, Silanus avait voulu éviter les désagréments du mal de mer et les fatigues d’une traversée, Tibère avait pris un remède contre une toux opiniâtre qui s’aggravait. Suétone, Caligula, 23.

Dion Cassius (LIX) précise que Caligula avait pris soin de faire auparavant annuler le testament de son prédécesseur, sous prétexte qu’il ne jouissait plus au moment de la rédaction de toutes ses facultés et que le jeune Tibère, n’ayant même pas l’âge d’entrer au sénat, ne pouvait pas raisonnablement être associé au pouvoir suprême.

 

Drusus, le fils de Tibère, est mort en 23. Le jeune Tibère, qui a pris la toge virile en 37 à 16 ou 17 ans, est donc né entre 20 et 22. Il a été assassiné fin 37 ou début 38. Il ne faut pas le confondre avec Drusus, le fils de Germanicus qui a été condamné par l’empereur Tibère.

 

Les autres participants à cette cérémonie :

 

On les retrouve tous, sans surprise, dans l’entourage immédiat de Tibère et de Caligula.

 

P. Memmius Regulus (consul en 31) :

Lolliam Paulinam, C. Memmio consulari exercitus regenti nuptam, facta mentione aviae eius ut quondam pulcherrimae, subito ex provincia evocavit ac perductam a marito coniunxit sibi brevique missam fecit interdicto cuiusquam in perpetuum coitu En ce qui concerne Lollia Paulina, mariée à l’ancien consul et chef d’armées Gaius Memmius, comme il avait entendu dire que sa grand-mère avait été autrefois d’une grande beauté, il la fit revenir immédiatement de sa province, se la fit céder par son mari et l’épousa. Il la répudia rapidement mais lui fit interdire à jamais d’appartenir à qui que ce soit. Suétone, Caligula, 25.

Malgré l’erreur des manuscrits de Suétone sur le prénom, il s’agit bien de Publius Memmius. Cf. Dion Cassius, LXIX, 12.

 

L. Salvius Otho :

Pater L. Otho, materno genere praeclaro multarumque et magnarum propinquitatum, tam carus tamque non absimilis facie Tiberio principi fuit, ut plerique procreatum ex eo crederent Le père (de l’empereur Othon), Lucius Othon, issu du côté maternel d’une famille illustre aux alliances nombreuses et importantes, fut si cher à l’empereur Tibère et lui ressemblait tellement de visage que beaucoup de gens croyaient qu’il était son fils. Suétone, Othon, 1.

 

M. Silanus sera consul en 46, sous le règne de Claude.

 

C. Piso :

Matrimonia contraxerit turpius an dimiserit an tenuerit, non est facile discernere. Liviam Orestillam C. Pisoni nubentem, cum ad officium et ipse venisset, ad se deduci imperavit intraque paucos dies repudiatam biennio post relegavit, quod repetisse usum prioris mariti tempore medio videbatur. Alii tradunt adhibitum cenae nuptiali mandasse ad Pisonem contra accumbentem : Noli uxorem meam premere, statimque e convivio abduxisse secum ac proximo die edixisse : matrimonium sibi repertum exemplo Romuli et Augusti Quant à ses mariages, il n’est pas facile de décider s’il s’est comporté de façon plus méprisable à les contracter, à les rompre ou à les faire durer. Lorsque Livia Orestilla épousa Gaius Pison, il avait lui aussi été invité à la cérémonie. Il donna l’ordre de l’emmener chez lui et la répudia quelques jours après. Il l’exila deux ans après parce qu’il pensait qu’elle avait repris entre temps la vie commune avec son premier mari. D’autres rapportent que pendant le repas nuptial, il fit dire à Pison qui était placé en face de lui : « Ne serre pas ma femme de trop près ! », qu’il lui avait aussitôt fait quitter le banquet avec lui et qu’il avait fait annoncer publiquement le lendemain qu’il avait trouvé à se marier selon l’exemple de Romulus et d’Auguste. Suétone, Caligula, 25.

 

Quinto Caecina Primo Publio Trebonio consulibus :

 

La cérémonie a bien eu lieu en 37, mais je ne trouve comme consuls cette année-là que Gn. Acerronius Proculus et G. Petronius Pontius Nogrinus, avec comme consul suffectus A. Caecina Paetus. Problème !

 

Ce Caecina devait être le fils de celui dont parle Tacite dans le premier livre des Annales, duo apud ripam Rheni exercitus erant : cui nomen superiori sub C. Silio legato, inferiorem A. Caecina curabat on avait deux armées sur la rive du Rhin, celle que l’on appelait « supérieure » était commandée par le légat C. Silius, Aulus Caecina dirigeait l’armée « inférieure » (23).

 

Quoi qu’il en soit, lorsque sous le règne de Vespasien Titus commandait la garde prétorienne, Aulum Caecinam consularem, vocatum ad cenam ac vixdum triclinio egressum, confodi iussit ; sane urgente discrimine, cum etiam chirographus eius praeparatae apud milites contioni deprehendisset il ordonna de tuer Aulus Caecina, ancien consul, qu’il avait invité à dîner, dès sa sortie de la salle à manger : il est vrai que le danger était pressant, puisque Titus avait saisi jusqu’au texte autographe du discours que Caecina se préparait à adresser à l’assemblée des soldats. Suétone, Titus, 6.

 


Une autre cérémonie sous le règne de Domitien

 

[DEINDE AD SVMMOTVM IN AEDE SACRIFICIO FACTO IMMOLAVIT DEAE DIAE AGNAM]

OP[IMAM QVO SACRIFICIO PERACTO IN CAESAREO EPVLATI SVNT AD MAGISTRVM IN]

DE P SALLVSTIVS BL[AESVS MAG CORONATVS RICINIATVS DE CARCERIBVS SIGNVM]

QVADRIGIS ET DESVLTORIBVS MISIT Q[VOS CORONIS ARGENTEIS ORNAVIT]

IN COLLEGIO ADFVERVNT [P] SALLVSTIVS B[LAESVS . . . C TADIVS]

MEFITIANVS L VERATIVS QVADRATVS C [VIPSTANVS APRONIANVS C SALVIVS]

LIBERALIVS NONIVS BASSVS [ISDEM COS . . . K IVN

DOMI AD PERAGENDVM SACRIFICIVM [EPVLANTES AD MAGISTRVM ET FRVGES EXCI]

[PI]ENTES A SACERDOTIBVS ET AD AR[AM REFERENTES PVERI INGENVI PATRIMI ET]

[MATRIMI SENAT]ORVM FILI½ [CAECIN]O PAETO [ 

Deinde ad summotum in aede sacrificio facto, immolavit deae Diae agnam opimam. Quo sacrificio peracto, in Caesareo epulati sunt ad magistrum. Inde Publius Sallustius Blaesus magister coronatus riciniatus de carceribus signum quadrigis et desultoribus misit. Quos coronis argenteis ornavit. In collegio adfuerunt Publius Sallustius Blaesus . . . Gaius Tadius, Mefitianus, Lucius Veratius Quadratus, Gaius Vipstanus Apronianus, Gaius Salvius Liberalius, Nonius Bassus. Isdem consulibus . . . Kalendas Iunias domi ad peragendum sacrificium epulantes ad magistrum et fruges excipientes a sacerdotibus et ad aram referentes, pueri ingenui patrimi et matrimi senatorum filii Caecino (?) Paeto [ 

AE 1898, 141

Ensuite, dans le temple, ce sacrifice terminé, il immola à la déesse Dia une grasse agnelle. Ceci accompli, ils prirent le repas rituel dans le temple des Césars auprès du président. De là, Publius Sallustius Blaesus, couronné et la tête couverte donna du haut des stalles le signal aux quadriges et aux voltigeurs, qu’il récompensa de couronnes d’argent. Étaient présents à la réunion Publius Sallustius Blaesus, …, Gaius Tadius Mefitianus, Lucius Veratius Quadratus, Gaius Salvius Liberalius, Nonius Bassus. Sous le consulat de ces derniers (85 ap. J.-C.), le 3 des calendes de juin (30 mai), à domicile, se réunirent pour accomplir le sacrifice, prirent le repas rituel chez le président, reçurent les prémisses des moissons des mains des prêtres et les apportèrent à l’autel. Des enfants libres, orphelins ni de père ni de mère, fils de sénateurs, à Caecinus Paetus…


 

 

 

 

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