Noctes Gallicanae


Les chrétiens


 

Εγώ ειμι το  Αλφα και το  Ω, λέγει κύριος ο θεός, ο ων και ο ην και ο ερχόμενος, ο παντοκράτωρ.

ego sum Alpha et Omega principium et finis dicit Dominus Deus qui est et qui erat et qui venturus est Omnipotens

(Apocalypse de Jean, 8)

Je suis l’Alpha et l’Oméga, dit le seigneur Dieu, celui qui est, qui était et qui sera, le Tout-Puissant.

 

Les Évangiles, composés en grec entre 70 et 95, apportent la « Bonne Nouvelle » (εὐαγγέλιον).

 

Oφθαλμους εχοντες ου βλέπετε και ωτα εχοντες ουκ ακούετε

« Oculos habentes non videtis et aures habentes non auditis ! »

« Vous avez des yeux : vous ne voyez pas, vous avez des oreilles : vous n’entendez pas ».

Évangile de Marc, 8, 18

J’ai emprunté les textes grecs de cette page au site

« GR BIBLOS ΔΩΡΕΑΝ ΠΡΟΓΡΑΜΜΑ ΕΛΛΗΝΙΚΗΣ ΑΓΙΑΣ ΓΡΑΦΗΣ FREE HOLY BIBLE UTILITY » :

http://www.christianity.gr/bible/eng/engbible.htm


Kαι επηρώτησαν αυτον λέγοντες,

Διδάσκαλε, οιδαμεν οτι ορθως λέγεις και διδάσκεις και ου λαμβάνεις πρόσωπον, αλλ' επ' αληθείας την οδον του θεου διδάσκεις. Eξεστιν ημας Καίσαρι φόρον δουναι η ου;

κατανοήσας δε αυτων την πανουργίαν ειπεν προς αυτούς,

Δείξατέ μοι δηνάριον. Tίνος εχει εικόνα και επιγραφήν;

Oι δε ειπαν, Καίσαρος.

O δε ειπεν προς αυτούς,

Τοίνυν απόδοτε τα Καίσαρος Καίσαρι και τα του θεου τω θεω.

Et interrogaverunt illum dicentes :

« Magister, scimus quia recte dicis et doces et non accipis personam sed in veritate viam Dei doces. Licet nobis dare tributum Caesari an non ? »

Considerans autem dolum illorum dixit ad eos :

« Quid me temptatis ? ostendite mihi denarium ; cuius habet imaginem et inscriptionem ?  »

Respondentes dixerunt

« Caesaris. »

Et ait illis

« Reddite ergo quae Caesaris sunt Caesari et quae Dei sunt Deo. »

Évangile de Luc, 20,21 à 20,25

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Emprunté au site « Those Wacky Emperors 49 BCE - 305 CE »

Et ils l’interrogèrent : « Maître, dirent-ils, nous savons que ta parole et ton enseignement sont justes et que tu ne tiens pas compte des catégories sociales mais que tu enseignes le chemin vers Dieu dans la vérité. Nous est-il permis de payer l’impôt à César ou non ? » Or conscient de leur mauvaise foi, il leur dit : « Pourquoi me mettez-vous à l’épreuve ? Montrez-moi un denier ; de qui porte-t-il l’effigie et l’inscription ? » Ils répondirent : « de César ». Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ! »


Hρξαντο δε κατηγορειν αυτου λέγοντες,

Τουτον ευραμεν διαστρέφοντα το εθνος ημων και κωλύοντα φόρους Καίσαρι διδόναι και λέγοντα εαυτον Χριστον βασιλέα ειναι.

O δε Πιλατος ηρώτησεν αυτον λέγων,

Συ ει ο βασιλευς των  Ιουδαίων;

O δε αποκριθεις αυτω εφη,

Συ λέγεις.

O δε Πιλατος ειπεν προς τους αρχιερεις και τους οχλους,

Ουδεν ευρίσκω αιτιον εν τω ανθρώπω τούτω.

Coeperunt autem accusare illum dicentes :

« Hunc invenimus subvertentem gentem nostram et prohibentem tributa dari Caesari et dicentem se Christum regem esse ».

Pilatus autem interrogavit eum dicens :

« Tu es rex Iudaeorum ? »

At ille respondens ait :

« Tu dicis ! »

Ait autem Pilatus principibus sacerdotum et turbae :

« Nihil invenio causae in hoc homine ».

Évangile de Luc 23,2-4

Or ils commençèrent à l’accuser en disant : « Nous avons trouvé cet homme en train de soulever notre peuple, d’interdire de payer l’impôt à César et de dire qu’il est Messie et roi ». Alors Pilate l’interrogea : « C’est toi le roi des Juifs ? » Mais celui-ci lui répondit : « C’est toi qui le dis ! » Alors Pilate dit aux grands prêtres et à la foule : « Je ne vois rien à reprocher à cet homme ».

 

οι δε  Ιουδαιοι εκραύγασαν λέγοντες,

Εαν τουτον απολύσης, ουκ ει φίλος του Καίσαρος. πας ο βασιλέα εαυτον ποιων αντιλέγει τω Καίσαρι.

Iudaei autem clamabant dicentes :

« Si hunc dimittis, non es amicus Caesaris : omnis qui se regem facit contradicit Caesari !  »

Évangile de Jean  19,12

Mais les Juifs disaient en criant : « Si tu le libères, tu n’es pas l’ami de César : qui se fait roi s’oppose à César ! »

 

Iδων δε ο Πιλατος οτι ουδεν ωφελει αλλα μαλλον θόρυβος γίνεται, λαβων υδωρ απενίψατο τας χειρας απέναντι του οχλου, λέγων,

Αθωός ειμι απο του αιματος τούτου. Yμεις οψεσθε.

Kαι αποκριθεις πας ο λαος ειπεν,

Το αιμα αυτου εφ' ημας και επι τα τέκνα ημων.

Videns autem Pilatus quia nihil proficeret sed magis tumultus fieret acceptä aquä lavit manus coram populo dicens :

« Innocens ego sum a sanguine iusti huius. Vos videritis ».

Et respondens universus populus dixit :

« Sanguis eius super nos et super filios nostros. »

Évangile de Matthieu  27,24-25

Alors voyant que cela ne servait à rien mais que l’agitation grandissait, il se fit apporter de l’eau et se lava les mains devant le peuple en disant : « Pour moi, je suis innocent du sang de ce juste. Vous en serez responsables ». Et d’une seule voix le peuple lui répondit en disant : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! »

 

Eγραψεν δε και τίτλον ο Πιλατος και εθηκεν επι του σταυρου. ην δε γεγραμμένον,

Ιησους ο Ναζωραιος ο βασιλευς των Ιουδαίων.

Tουτον ουν τον τίτλον πολλοι ανέγνωσαν των Ιουδαίων, οτι εγγυς ην ο τόπος της πόλεως οπου εσταυρώθη ο Ιησους. και ην γεγραμμένον Εβραϊστί, Ρωμαϊστί, Ελληνιστί.

Eλεγον ουν τω Πιλάτω οι αρχιερεις των  Ιουδαίων,

Μη γράφε, Ο βασιλευς των  Ιουδαίων, αλλ οτι εκεινος ειπεν, Βασιλεύς ειμι των  Ιουδαίων.

Aπεκρίθη ο Πιλατος, Ο γέγραφα, γέγραφα.

Scripsit autem et titulum Pilatus et posuit super crucem. Erat autem scriptum :

« IESVS NAZARENVS REX IVDAEORVM ».

Hunc ergo titulum multi legerunt Iudaeorum quia prope civitatem erat locus ubi crucifixus est Iesus et erat scriptum hebraice graece et latine.

Dicebant ergo Pilato pontifices Iudaeorum : « Noli scribere rex Iudaeorum sed "quia ipse dixit rex sum Iudaeorum" ».

Respondit Pilatus : « Quod scripsi scripsi ».

Évangile de Jean  19,19-22

Mais Pilate fit écrire aussi un écriteau qu’il fit poser en haut de la croix. Il avait fait écrire :

Jésus de Nazareth Roi des Juifs

Or cet écriteau, beaucoup de Juifs le lurent parce que le lieu où Jésus a été crucifié était proche de la ville et qu’il était écrit en hébreu, en grec et en latin. Les grands prêtres des Juifs disaient donc à Pilate : « Il ne faut pas écrire Roi des Juifs mais que celui-ci a dit Je suis le roi des Juifs ». Pilate répondit : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit ! »


Les chrétiens vus par Suétone (69-126) :

Christiani, genus hominum superstitionis novae ac maleficae.

Les chrétiens, une race d’hommes adonnée à une superstition nouvelle et néfaste.

Claudius Iudaeos, impulsore Chresto assidue tumultuantis, Romä expulit.

Claude fit bannir de Rome les Juifs qui se soulevaient sans cesse à l’instigation de Chrestos.


Les chrétiens vus par Tacite (55-120) :

Ergo abolendo rumori, Nero subdidit reos et quaesitissimis poenis eos adfecit quos, per flagitia invisos, vulgus « Chrestianos » appellabat. Auctor nominis eius, Christus, Tiberio imperitante per procuratorem Pontium Pilatum supplicio adfectus erat ; repressaque tum exitiabilis superstitio rursum erumpebat, non modo per Iudaeam, originem eius mali, sed per urbem etiam.

Pour mettre fin à ces rumeurs, Néron inventa des coupables et soumit aux tortures les plus raffinées ces gens, détestés pour les horreurs qu’ils commettaient, que la populace appelait « chrétiens. Ce nom leur vient de Christ, qui, sous Tibère, fut livré au supplice par le procurateur Pontius Pilatus. Réprimée alors, cette détestable superstition se répandait de nouveau, non seulement dans la Judée, berceau du mal, mais dans Rome même. (Annales, XV, 44)


Trajan : lettre à Pline le Jeune sur la politique à adopter envers les Chrétiens :

Conquirendi non sunt. Si deferantur et arguantur, puniendi sunt, ita tamen ut, qui negaverit se Christianum esse idque re ipsa manifestum fecerit (id est supplicando dis nostris) quamvis suspectus in praeteritum, veniam ex paenitentia impetret. Sine auctore vero propositi libelli in nullo crimine locum habere debent. Nam et pessimi exempli nec nostri saeculi est.

Il ne faut pas les faire rechercher. Si le délit est constitué, il faut les punir. Toutefois si un accusé nie être chrétien et rend son affirmation évidente par une preuve formelle (c’est-à-dire en se prosternant devant nos dieux) et même s’il a pu paraître suspect par le passé, qu’il obtienne la remise de la peine encourue. Mais les dénonciations par lettre anonyme ne doivent donner lieu à aucune poursuite : elles sont du plus mauvais exemple et tout à fait anachroniques.

 

Commentaire du chrétien Tertullien, un siècle plus tard (voir p. 35) :

O sententiam necessitate confusam ! Negat inquirendos ut innocentes, et mandat puniendos ut nocentes. Parcit et saevit, dissimulat et animadvertit. Quid temetipsum censurä circumvenis ? Si damnas, cur non et inquiris ? si non inquiris, cur non et absolvis ?

Une politique incohérente du fait des circonstances ! Il refuse de les faire rechercher, ce qui fait d’eux des innocents, mais ordonne de les punir ce qui fait d’eux des coupables. Il se montre miséricordieux et intraitable, il se tapit et il châtie. Pourquoi t’exposes-tu toi-même à la critique ? Si tu veux condamner, pourquoi ne pas faire rechercher ? si tu ne fais pas rechercher, pourquoi n’accordes-tu pas le non-lieu ?


Tertullien (vers 200 ap. J.-C.) :

Hesterni sumus, et vestra omnia implevimus : urbes, insulas, castella, municipia, forum !

Nous sommes d’hier et nous emplissons tout votre espace : villes, îlots, casernes, municipes, forum !

Non enim deum imperatorem dicam, vel quia mentiri nescio, vel quia illum deridere non audeo, vel quia nec ipse se deum volet dici. Satis habeat appellari imperator. Negat illum imperatorem [esse] qui [eum] deum [esse] dicit : nisi homo sit non est imperator.

Voici pourquoi je n’appellerai pas l’empereur « dieu » : d’abord parce que je ne sais pas mentir, ensuite parce que je n’ai pas l’audace de me moquer de lui, ensuite parce que lui-même ne voudra pas être appelé « dieu ». Que lui suffise le titre d’empereur. Dire de lui qu’il est un dieu revient à affirmer qu’il n’est pas empereur : si ce n’est pas un homme, alors ce n’est pas un empereur !


Minucius Felix (vers 200 ap. J.-C.). Dialogue (fictif) entre un païen et un chrétien :

 Latebrosa et lucifuga natio ! templa ut busta despiciunt, deos despuunt, rident sacra, honores et purpuras despiciunt ! Pro mira stultitia et incredibilis audacia ! Spernunt tormenta praesentia, dum incerta metuunt et futura, et dum mori post mortem timent, interim mori non timent : ita illis pavorem fallax spes solacia rediviva blanditur!

 Nec intellegitis, o miseri, neminem esse qui aut sine ratione velit poenam subire aut tormenta sine deo possit sustinere.

 Audio vos turpissimae pecudis caput asini, consecratum ineptä nescio qua persuasione, venerari : digna et nata religio talibus moribus!

 Audire te dicis caput asini rem nobis esse divinam ? Quis tam stultus ut hoc colat? Quis stultior ut hoc coli credat?

(ce paragraphe est constitué d’extraits assemblés).

– Un peuple qui se dissimule et qui craint la lumière ! Ils dédaignent les temples comme les bûchers funèbres, crachent sur les dieux, se rient des sacrifices, dédaignent les fonctions officielles et les honneurs ! Quelle sottise étonnante et quel incroyable culot ! Ils méprisent les tortures réelles alors qu’ils en craignent qui ne sont que possibles dans un avenir lointain. Alors qu’ils ont peur de mourir après leur mort, ils n’ont pas peur de mourir en attendant.

– Ce que vous ne comprenez pas, pauvres malheureux, c’est qu’il n’y a personne pour vouloir subir le supplice sans raison ou pour pouvoir supporter les tortures sans Dieu.

– J’ai entendu dire que vous adoriez une tête de la plus vile des bêtes domestiques, une tête d’âne, consacrée par je ne sais quelle absurde croyance : belle religion, bien digne des mœurs dont elle est issue !

– Tu as entendu dire, affirmes-tu, qu’une tête d’âne nous tenait lieu de divinité ? Qui serait assez bête pour lui rendre un culte ? Qui est plus bête que celui qui croit qu’on puisse rendre un culte à cela ?


Crucifix blasphématoires

 

 

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ΑΛΕΞΑΜΕΝΟΣ СΕΒΕΤΕ ΘΕΟΝ

᾿Αλεξάμενος σέβεται θέον

Alexamenos vénère son dieu.

᾿Αλεξάμενος: « celui qui est protégé ».

 

Je remercie M. Juan Maria Almeida qui m’apprend par e-mail que ce graffiti « découvert au Palatin date de la 2ème moitié du IIIe siècle et a été étudié par M. Gough, The early christians ».

M. Almeida indique en référence le livre El crisol del Cristianismo, dirigé par Arnold Toynbee, Madrid, 1993 Editorial labor, page 295. (1/6/01)

 

L’auteur du graffiti a-t-il récidivé ailleurs, a-t-il été imité ? ou celui-ci est-il un faux ?

 

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ΑΛΕΞΑΜΕΝΟΣ СΕΒΕΤΕ ΘΕΟΝ

᾿Αλεξάμενος σέβεται θέον

Alexamenos vénère son dieu.

 

Je trouve sur le site « New Advent » l’extrait suivant de la « Catholic Encyclopedia » :

Here it was that a pious pilgrim of old, before leaving the venerated tomb, would take advantage of the occasion to scratch on the adjoinding wall his name, sometimes the date of his visit, or a pious exclamation or prayer to the saint, as, e.g., that near the papal crypt of the catacomb of St. Callistus: "Sancte Suste in mente habeas in orationes tuas Aureliu Repentinu" (Saint Sixtus, remember in thy prayers Aurelius Repentinus). Outside the catacombs the famous caricature of the Crucifixion found in the imperial palace on the Palatine is accompanied by a graffiti stating that the (supposed) Christian page, Alexamenos, is adoring his God, while, in a chamber adjoining, a second inscription of the same class proclaims Alexamenous a Christian (Alexamenos fidelis).

MAURICE M. HASSETT

Transcribed by Joseph P. Thomas

http://www.newadvent.org/cathen/06718c.htm

 

 

Pourquoi un âne ?

 

Peut-être parce que cet animal, universellement méprisé semble-t-il, avait une fâcheuse réputation de paresse et de lubricité. Absent du panthéon égyptien, il se trouve associé à Rome au culte de Priape.

 

Peut-être Tacite nous fournit-il une explication lorsqu’il résume à sa façon la fuite d’Égypte des Hébreux guidés par Moïse :

Sed nihil aeque quam inopia aquae fatigabat, iamque haud procul exitio totis campis procubuerant, cum grex asinorum agrestium e pastu in rupem nemore opacam concessit. Secutus Moyses coniectura herbidi soli largas aquarum venas aperit. […] Effigiem animalis, quo monstrante errorem sitimque depulerant, penetrali sacravere […] Mais rien ne les tourmentait autant que le manque d’eau et sentant la fin proche, ils s’étaient déjà allongés sur toute la surface de la plaine, lorsqu’une bande d’ânes sauvages qui revenait de paître se dirigea vers une roche ombragée d’un bosquet. Moïse les suit et, en se fiant au fait que le sol était recouvert d’herbe, il fait ouvrir de larges veines d’eau. […] L’effigie de cet animal qui leur avait montré comment échapper à l’errance et à la soif, les Juifs la consacrèrent dans un sanctuaire… (Tacite, Histoires, V, 3-4)

N’oublions pas qu’à l’époque de Tacite les Romains distinguaient mal les Juifs des Chrétiens, d’autant que l’immense majorité des chrétiens de Rome devaient être d’origine orientale.

 

Tertullien dans son Apologeticus, XVI, accuse formellement Tacite d’avoir répandu cette calomnie :

Nam et, ut quidam, somniastis caput asininum esse deum nostrum. Hanc Cornelius Tacitus suspicionem eiusmodi dei inseruit Car, comme bien d’autres, vous imaginez que notre Dieu est une tête d’âne ! Cette calomnie sur un dieu semblable a été semée par Cornelius Tacitus.

Et Tertullien commente le passage que j’ai cité ci-dessus.

 

Un peu plus loin, il rapporte une anecdote qui va dans le même sens que les graffiti :

Sed nova iam dei nostri in ista proxime civitate editio publicata est, ex quo quidam frustrandis bestiis mercenarius noxius picturam proposuit cum eiusmodi inscriptione: DEVS CHRISTIANORVM ONOKOITHS. Is erat auribus asininis, altero pede ungulatus, librum gestans et togatus. Risimus et nomen et formam.

Une nouvelle version de notre dieu a été proposée au public récemment dans cette ville : il se trouve qu’un voyou qui pour quelques sous joue des tours à des bêtes sauvages a exhibé [dans l’arène] une image avec une inscription ainsi rédigée : « le dieu des chrétiens né d’un âne ». Il avait des oreilles d’âne, un sabot à l’un des deux pieds, il avait un livre à la main et portait la toge. Nous avons bien ri du texte et du dessin.

ONOKOITHS : ὄνος, « l’âne » ; -KOITHS se rattache au radical de κοίτη « le lit », et en particulier « le lit nuptial » et par métonymie « la relation sexuelle ». Plutôt que « qui couche avec un âne », je pense que « né d’un âne » correspond mieux à la description qui suit d’une créature hybride.

 


 

Épigraphie : sommaire

 

 

Histoire de Rome: sommaire général

 

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