Noctes Gallicanae

Epigraphie latine

Inscriptions chrétiennes et modernes de Rome

 

Je ne garantis pas l’authenticité de toutes ces inscriptions que j’emprunte pour la plupart à un beau livre du XIXe siècle :

 

ROME, ses églises, ses monuments, ses institutions

Par M. l’abbé Rolland

Chanoine honoraire de Tours, membre de la Société archéologique de Touraine, etc.

Tours, Alfred Mame et fils, éditeurs, MDCCCLXXXVI

 

 

 

L’abbé Rolland était animé par une foi de charbonnier et n’a pas de mots assez durs pour les « splendeurs et les hontes du paganisme ». Je n’ai pourtant pas cru devoir résister à la tentation de citer de temps en temps le commentaire qu’il fait de certaines inscriptions. Ses informations, qui n’engagent que leur auteur, m’ont paru dignes d’intérêt, même si je suis loin de partager toutes les vues de ce saint homme.

 

Tombe de Léon XIII

Ara Caeli

Santa Maria Scala coeli

Église Sainte-Pudentienne

Église de sainte Praxède

Mausolée d’Auguste

(inscription de Mussolini)

 

 

 


 

 

Basilique Saint-Pierre

Tombe de Léon XII

Leoni magno patrono coelesti

Me svpplex commendans
Heic apvd sacros eivs cineres

Locvm sepvltvrae elegi

Leo XII hvmilis cliens

Haeredvm tanti nominis minimvs

A Léon le Grand, mon protecteur aux cieux,

Me recommandant dans la soumission,

Ici auprès de ses saintes cendres

J’ai choisi le lieu de ma sépulture,

Moi, Léon XII, son humble protégé,

Le plus petit héritier d’un tel nom.

 

Inscription composée par Léon XII (1823-1829)pour être gravée sur sa tombe ; il repose près des reliques de saint Léon.

 


 

 

Ara caeli

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« Cette église a pris le nom d’Ara Cœli (autel du ciel) en souvenir d’une tradition antique.

« Vers la cinquante-quatrième année de son règne, l'empereur Auguste se rendit à Delphes pour consulter l'oracle d'Apollon, et savoir qui serait après lui le maître du monde. Le sang des victimes avait coulé, et l'oracle restait muet. Surpris de ce silence, Auguste veut en connaître la cause.  La Sibylle répondit alors : « Un enfant hébreu, Dieu lui-même, et commandant aux dieux, m'ordonne de lui céder la place et de retourner tristement dans les enfers. Retire-toi donc de mes autels, et ne demande plus d'oracles. »

Me puer Hebraeus, divos Deus ipse gubernans,

Cedere sede jubet tristemque redire sub Orcum

Aris ergo dehinc tacitus abscedite nostris.

« Suivant une autre version, Marie , la Vierge Mère, tenant son divin fils dans ses bras, apparut à Auguste. A la suite de cette vision, il défendit qu'on lui donnât désormais le nom de Dieu, et il fit élever au Capitole un autel avec cette inscription : Ara Primogeniti Dei : autel du premier-né de Dieu.

« Cette tradition est respectable par son antiquité et les autorités qui la défendent.  Le savant cardinal Baronius l'a insérée dans ses Annales. Eusèbe, Suidas, Nicéphore et Jean d'Antioche, surnommé Malalas, en ont parlé.

« L'escalier par lequel on monte dans l'église d'Ara Coeli est formé de cent vingt marches en marbre provenant du temple que Numa avait dédié à Romulus, sur le mont Quirinal.

« L'église, à trois nefs, est supportée par vingt-deux colonnes prises de toutes parts dans les anciens palais et les anciens temples de Rome. Leur style et leur diamètre différents attestent la victoire complète du Dieu Sauveur sur le paganisme. L'une d'elles vient des appartements privés d'Auguste, e cubiculo Augustorum. Elle fut témoin de sa gloire, et plus tard des orgies des Tibère et des Néron, et aujourd'hui elle confesse que Jésus-Christ règne sur les ruines de l'empire païen. A gauche du maître-autel, à l'endroit même où la sainte Vierge apparut à Auguste, on a bâti une chapelle en l'honneur de sainte Hélène. Le corps de la glorieuse impératrice repose sous l'autel. »

 


 

 

Santa Maria Scala coeli

 

« Sous le pavé de cette église reposent les corps de dix mille deux cent trois martyrs. Ils furent tués en un seul jour, ayant à leur tête le tribun Zénon. C’est la récompense que leur donnèrent Maximien et Dioclétien, après qu’ils eurent construit leurs thermes. Les fidèles les ont ensevelis dans ce lieu, et sur la porte de la catacombe on lit cette inscription :

Hic reqviescvnt corpora

s. martyris Zenonis tribvni

et sociorvm militvm

decem mili{t}vm
dvcentorvm trivm

Ici reposent les corps

du saint martyr Zénon le tribun

et de ses compagnons et soldats

au nombre de dix mille

deux cents trois.

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Eglise Sainte-Pudentienne

 

Saint Pierre aurait été logé chez le sénateur Pudens dont la maison était située au pied de l’Esquilin. Pudentienne était une petite fille du sénateur, martyrisée.

« L’autel est une simple planche de chêne enchâssée dans le marbre, il a servi à saint Pierre. »

Je laisse à l’abbé la responsabilité de cette affirmation.

« Sur le côté de droite en regardant l’autel, et à côté de l’autel même, on lit :

IN HOC ALTARI

SANCTUS PETRUS

PRO VIVIS ET DEFUNCTIS

AD AUGENDAM

FIDELIUM MULTITUDINEM

CORPUS ET

SANGUINEM DOMINI OFFEREBAT

ET EST ALTARE PRIVILEGIATUM

PRO SUFFRAGIIS

DEFUNCTORUM

« Sur cet autel saint Pierre, pour les vivants et les morts, afin d’augmenter la foule de ceux qui ont la foi, offrait le corps et le sang du Seigneur et cet autel a des vertus particulières pour les prières des morts. »

 

On lit sur l’autre mur vis-à-vis :

IN HAC AEDE

SANCTÆ PUDENTIANÆ

FUIT

PRIMUM HOSPITIUM

SANCTI PETRI

PRINCIPIS APOSTOLORUM

QUO FIDELES

SACROSANCTUM

EUCHARISTIÆ SACRAMENTUM

CHRISTIANO RITU

SUMPTURI ACCEDEBANT

« Dans ce temple de sainte Pudentienne fut le premier asile de saint Pierre, prince des apôtres, où ceux qui avaient la foi se rendaient pour recevoir le sacro-saint sacrement de l’eucharistie selon le rite chrétien. »


 

 

Eglise de sainte Praxède

 

Sœur de Pudentienne.

« Le pape saint Pascal fit bâtir cette église, et y fit transporter les ossement de deux mille trois cents martyrs… »

QUORUM NOMINA SCIT OMNIPOTENS

« Dont le Tout-puissant connaît les noms. »


 

 

 

 

MVSSOLINI DVX

 

Mausolée d’Auguste

 

HVNC LOCVM VBI AVGVSTI MANES VOLITANT PER AVRAS

POSTQVAM IMPERATORIS MAVSOLEVM EX SAECVLORVM TENEBRIS

EST EXTRACTVM ARAEQVE PACIS DISIECTA MEMBRA REFECTA

MVSSOLINI DVX VETERIBVS ANGVSTIIS DELETIS SPLENDIDIORIBVS

[FACTI]S AEDIFICIIS AEDIBVS AD HUMANITATIS MORES APTIS

ORNANDVM CENSVIT ANNO MDCCCCXL

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Ce lieu, où les Mânes d’Auguste voltigent dans la brise,

après que le mausolée de l’Empereur eut été arraché aux ténèbres des siècles,

et qu’eurent été rassemblés les éléments épars de l’Autel de la Paix,

[le duce ?] Musso[lini], ayant fait raser les vieilles constructions parasites et rendre tout leur éclat

à ces édifices, constructions qui relèvent du patrimoine de l’humanité,

a décidé de le restaurer en l’an 1940.

 

ligne 3 : le nom de Mussolini a été martelé, mais pourquoi pas complètement ? Pour qu’on puisse le lire sans qu’il soit vraiment écrit ? Je pense à la damnatio memoriae qui a frappé Néron !

L’espace est trop long pour le nom seul, un peu court pour qu’on y insère « duce », « DVX » peut-être ?


 

Épigraphie : sommaire