Noctes Gallicanae

Poésie grecque

 


Anytè de Tégée

Ἀνυτῆ Τεγεᾶτις

 

Anytè a vécu au IIIe s. av. J.-C. Il ne nous reste d’elle que des épigrammes.

Tégée (Τεγέα), aujourd’hui Pieli, se trouve en Arcadie.

 

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épigrammes funéraires

 

εἰς Μάνη τινὰ

Μάνης οὗτος ἀνὴρ ἦν ζῶν ποτε νῦν δὲ τεθνηκὼς

ἶσον Δαρείῳ τῷ μεγάλῳ δύναται.

Pour un certain Manès

Manès était le nom de cet homme du temps qu’il vivait.

Mais maintenant qu’il est mort, il vaut autant que Darius le Grand.

 

εἰς Φιλαινίδα κόρην

Πολλάκι τῷδ’ὀλοφυδνὰ κόρας ἐπὶ σάματι Κλεινὰ

μάτηρ ὠκύμορον παῖδ’ἐβόασε φίλαν,

ψυχὰν ἀγκαλέουσα Φιλαινίδος, ἃ πρὸ γάμοιο

χλωρὸν ὑπὲρ ποταμοῦ χεῦμ’Ἀχέροντος ἔβα.

Pour la jeune Philaenis

Souvent sur cette tombe de jeune fille, sa mère Cleina en se lamentant

a crié le nom de son enfant chérie au destin trop bref.

Elle rappelait à la vie l’âme de Philaenis, qui est partie avant ses noces

de l’autre côté des eaux vertes de l’Achéron.

 

εἰς κόρην Ἐρατὼ καλουμένην

Λοίσθια δὴ τάδε πατρὶ φίλῳ περὶ χεῖρε βαλοῦσα

εἶπ’Ἐρατὼ χλωροῖς δάκρυσι λειβομένα

« ὦ πάτερ, οὔ τοι ἔτ’εἰμὶ, μέλας δ’ἐμὸν ὄμμα καλύπτει

ἤδη ἀποφθιμένης κυάνεον θάνατος

Pour une jeune fille nommée Eratô

Voici exactement les dernières paroles qu’adressa Eratô

à son père chéri en l’étreignant de ses deux mains et en versant des larmes amères :

« Mon père, ça y est, je ne suis plus ! déjà le noir de la mort recouvre

mon regard bleu : elle m’a emportée. »

 

 


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