Noctes Gallicanae

Poésie grecque

 


Callimaque de Cyrène

Καλλίμαχος ὁ Κυρηναῖος

 

 

Callimaque de Cyrène, né vers 305, mort entre 240 et 235 ; bibliothécaire d'Alexandrie après la mort de Zénodotos (260 à 250 ?) ; il avait composé plusieurs centaines d'ouvrages d'érudition en prose et des poèmes de tout genre (tragédies, comédies, hymnes héroïques, iambes, élégies, épigrammes, poésies lyriques), dont les plus célèbres étaient l'épopée d'Hécalée, les Hymnes et des Origines (Αἴτια) en vers élégiaques.

 

Παννυχίς

ἔνεστ’ Ἀπόλλων τῷ χορῷ· τῆς λύρης ἀκούω

καὶ τῶν ᾿Ερώτων ᾐσθόμην· ἔστι κἀφροδίτη

...

ὁ δ’ ἀγρυπνήσας [ἡνεκὲς] μέχρι τῆς κο[ρώνης

τὸν πυραμοῦντα λήψεται καὶ τὰ κοττάβεια

καὶ τῶν παρουσῶν ἣν θέλει χὢν θέλει φιλήσει

 

Fête de nuit

Apollon s’est assis parmi les musiciens, j’entends sa lyre ;

Je sens que les Amours sont présents aussi ; Aphrodite est là également…

[la fête peut commencer…]

Qui a tenu éveillé jusqu’au temps fort de la veillée aura droit

Au gâteau de miel et de farine et aux prix du cottabe :

Il embrassera celle qu’il voudra, celui qu’il voudra parmi les invités…

 

La corneille ( κορώνη) passait pour vivre très vieille et son nom a désigné par métonymie un « aboutissement tardif, le couronnement d’une entreprise ».

 

Le cottabe (κότταβος) était un jeu d’origine sicilienne : à la fin du banquet, quand les tables avaient été enlevées, on devait réussir à lancer avec sa coupe des gouttes de vin dans une bassine métallique (κοτταβεῖον) en invoquant le nom de la personne que l’on aimait. Selon le son obtenu, on savait si cet amour était ou non partagé. Ce jeu d’ivrognes comportait de nombreuses variantes, sans doute plus raffinées les unes que les autres. Les prix consistaient en friandises et/ou en baisers.

 

Fresque de Paestum

 


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