Noctes Gallicanae

Poésie grecque

 


Cléobulina de Lindos

 

Κλεοβουλίνη Λινδία

 

Cléobulina de Lindos (ville de Rhodes) a vécu au Vème s. av. J.-C.

 

τὴν δὲ Ῥοδίαν Εὔμητιν ἄχρι νῦν Κλεοβουλίνην πατρόθεν οἱ πλεῖστοι καλοῦσιν.

Eumétis de Rhodes est encore de nos jours appelée par la plupart des gens Cléobuliné, du nom de son père. Plutarque, Sur les oracles de la Pythie, 14.

 

Elle était la fille de Cléobule, Κλεόβουλος, l’un des sept Sages ...

… à moins que Cléobulina, fille de Cléobule, ne soit la personnification de la devinette !

 

Il nous reste d’elle quatre énigmes, dont l’une a servi d’exemple à Aristote dans sa Rhétorique et sa Poétique. La dernière des quatre a été attribuée également à son père.

 

L’énigme était un genre très à la mode : le livre XIV de l’Anthologie palatine nous en a conservé un certain nombre.

 

αἰνίγματα

α

ἄνδρεἶδον πυρί χαλκὸν ἐπἀνέρι κολλήσαντα

  οὔτω συγκόλλως ὥστε σύναιμα ποιεῖν

1.

J’ai vu un homme qui, avec du feu, collait du bronze sur un homme,

Le collage était si précis qu’ils faisaient un mélange de sang.

 

β

ἄνδρεἶδον κλέπτοντα καὶ ἐξαπατῶντα βιαίως

  καὶ τὸ βίαι ῥέκαι τοῦτο δικαιότατον

2.

J’ai vu un homme qui volait et trompait avec violence :

Et il exerçait cette violence dans la plus grande légalité.

 

γ

κνήμηι νεκρὸς ὄνος με κερασφόρωι οὖας ἔκρουσεν

3.

De sa jambe qui porte un sabot, un âne mort m’a frappé les oreilles.

 

δΚλεοβουλίνης ἄλλοι Κλεοβούλου

εἷς πατήρ, παῖδες δὲ δυώδεκα τῶν δὲ ἑκάστωι

κοῦραι δὶς τριάκοντα διάνδιχα εἶδος ἔχουσααι·

αἳ μὲν λευκαὶ ἔασιν ἰδεῖν, αἳ δαὖτε μέλαιναι·

ἀθάνατοι δέτἐοῦσαι ἀποφθινύθουσιν ἅπασαι

4.

Un seul père, douze fils, à chacun d’eux

Deux fois trente filles qui ont deux aspects opposés :

Les unes blanches on peut les voir, les autres au contraire noires.

Bien qu’étant immortelles, elles périssent toutes.

Solutions

 

Intégralité des fragments conservés

 


Cléobulina citée par Aristote

 

Rhétorique, III, 12.

Ἔτι δὲ ού πόρρωθεν δεῖ άλλ' ἐκ τών συγγενών καί τών ὀμοειδῶν μεταφέρειν τά ἀνώνυμα ὠνομασμένως λεχθέν δῆλόν ἐστιν ὅτι συγγενές, οἷον ἐν τῷ αἰνίγματι τῷ εὐδοκιμοῦντι·

ἄνδρεἶδον πυρί χαλκὸν ἐπἀνέρι κολλήσαντα

άνώνυμον γάρ τό πάθος, ἕστι δ' ἄμφω πρόσθεσίς τις· κόλλησιν τοίνυν εἶπεν τὴν τῆς σικύας προσβολήν.

En outre, il ne faut pas tirer de loin les métaphores, mais les emprunter à des objets de la même famille et de la même espèce, de façon que, si les choses ne sont pas nommées, on leur donne l'appellation qui se rattache manifestement au même ordre d'idées.

Exemple, cette énigme bien connue : J'ai vu un homme qui, avec du feu, collait de l'airain sur la peau d'un autre homme.

L'action subie n'est pas nommée, mais dans les termes il y a une idée d'application. L'auteur a donc appelé "collage" l'application de la ventouse

 

Poétique, 1458a.

Αἰνίγματός τε γὰρ ἰδέα αὕτη ἐστί, τὸ λέγοντα ὑπάρχοντα ἀδύνατα συνάψαι· κατὰ μὲν οὖν τὴν τῶν <ἄλλων> ὀνομάτων σύνθεσιν οὐχ οἷόν τε τοῦτο ποιῆσαι, κατὰ δὲ τὴν μεταφορῶν ἐνδέχεται, οἷον ‘ἄνδρ᾽ εἶδον πυρὶ χαλκὸν ἐπ᾽ ἀνέρι κολλήσαντα’, καὶ τὰ τοιαῦτα.

En effet, une forme de l'énigme, c'est de relier entre elles des choses qui ne peuvent l'être pour énoncer des faits qui existent ; or il n'est pas possible de faire cela par l'alliance des noms, mais il est permis de le faire par métaphore. Exemple : « j'ai vu un homme qui, au moyen du feu, avait appliqué l'airain sur la peau d'un autre homme ; » et autres expressions analogues.

 


sommaire