Noctes Gallicanae

Poésie grecque

 


Les instruments de musique

Les instruments à corde

 

la phorminx ( φόρμιγκ, ιγγος) ou kitharis ( κίθαρις, ιος) était une sorte de petite lyre ou harpe d'écaille, à branches égales, à résonateur de peau, et dont chaque corde (trois, quatre ou sept) ne rend qu'un son.

 

la lyre ( λύρα, ας), au corps plus large et plus profond, à branches courbes, au timbre grave et viril, un peu sec, à quatre puis sept cordes, instrument postérieur à l'époque homérique.

 

le barbitos ( / βάρβιτος), paraît avoir été une lyre très allongée, à cordes nombreuses.

 

la cithare ( κιθάρα, d'où notre mot guitare), grande harpe de concert à branches droites, à caisse de résonance plate et en bois, et à onze cordes pincées ou frappées.

 

 

Les instruments à vent

l'aulos ( αὐλός) était une sorte de hautbois ou de clarinette, simple ou à deux tuyaux divergents, fait d'abord d'un roseau puis de bois, d'ivoire, de métal, etc.                         sur la flûte et les flûtistes.

 

la syrinx ( σῦριγξ, ιγγος) ou flûte de Pan, à plusieurs tuyaux inégaux.

Dans Daphnis et Chloé (II, 33-34), Longus fait raconter par le vieux Lamon la légende de la syrinx :

δέ Λάμων ἐπηγγείλατο αὐτοῖς τὸν περί τῆς σύριγγος ἀφηγήσασθαι μûθον, ὃν αὐτῷ Σικελός αἰπόλος σεν ἐπί μισθῷ τράγῳ καί σύριγγι·

« Αὕτη σῦριγξ τό ὄργανον οὐκ ἦν ὄργανον ἀλλά παρθένος καλὴ καί τὴν φωνὴν μουσική· αἶγας ἔνεμε, Νύμφαις συνέπαιζεν, ᾖδεν οἷον νῦν. Πάν, ταύτης νεμούσης παιζούσης ᾀδούσης, προσελθὼν ἔπειθεν ἐς τι ἔχρηζε, καὶ ἐπηγγέλλετο τὰς αἶγας πάσας θήσειν διδυμοτόκους. ῾Η δὲ ἐγέλα τὸν ἔρωτα αὐτοῦ, οὐδὲ ραστὴν ἔφη δέξασθαι μήτε τράγον μήτε ἄνθρωπον ὁλόκληρον. Ὁρμᾷ διώκειν Πὰν ἐς βίαν· Σῦριγξ ἔφευγε καὶ τὸν Πᾶνα καὶ τὴν βίαν, φεύγουσα κάμνουσα ἐς δόνακας κρύπτεται, εἰς ἕλος ἀφανίζεται. Πάν τοὺς δόνακας ὀργῇ τεμών, τὴν κόρην οὐχ εὑρών, τὸ πάθος μαθών, τὸ ὄργανον νοεῖ, καὶ τοὺς καλάμους κηρῷ συνδήσας ἀνίσους, καθ' τι καὶ ἔρως νισος αὐτοῖς· καὶ τότε παρθένος καλὴ νῦν ἐστι σῦριγξ μουσική ».

Alors Lamon leur annonça qu’il allait leur raconter l’histoire de la syrinx qu’un chevrier de Sicile lui avait chantée en échange d’un bouc et d’une syrinx.

« Cette syrinx, l’instrument de musique, n’était pas un instrument de musique, mais une jolie vierge à la voix harmonieuse. Elle gardait des chèvres, jouait avec les Nymphes, chantait comme aujourd’hui. Alors qu’elle gardait, jouait, chantait, Pan s’étant approché, l’enjôlait pour obtenir ce qu’il désirait et lui annonçait que ses chèvres donneraient deux chevreaux chacune. Elle se moqua de son amour, et dit qu’elle ne prendrait pas pour amant quelqu’un qui n’était ni bouc ni homme complet. Pan s’élança pour la poursuivre et lui faire violence. Syrinx s’enfuit et fatiguée de fuir Pan et sa violence elle se cache dans des roseaux et disparaît dans le marais. Pan, en colère, coupe les roseaux, ne trouve pas la jeune fille, apprend la souffrance, imagine l’instrument de musique et ses tuyaux qu’il assemble avec de la cire en les laissant inégaux, pour rappeler que leur amour ce que leur amour avait eu d’inégal. Et la jolie vierge d’autrefois est aujourd’hui l’harmonieuse syrinx.

 


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