Noctes Gallicanae

Poésie grecque

 


Philoxène de Leucade

 

Φιλόξενος Λευκάδιος

 

 

Il est bien difficile de le distinguer de son homonyme Philoxène de Cythère, lui aussi gastronome et grand amateur de poisson !

 

 

ἄλλοι δὲ φίλιχθυν τὸν Φιλόξενόν φασι· Ἀριστοτέλης δὲ φιλέδειπνον ἁπλῶς.

Certains disent que Philoxène était un amateur de poisson, Aristote dit qu’il n’était qu’un amateur de dîners. Athénée, 6d.

 

        κατὰ χειρὸς δ´

ἤλυθ´ ὕδωρ· ἁπαλὸς

  παιδίσκος ἐν ἀργυρέᾳ

    προχόῳ φoρέων ἐπέχευεν·

εἶτ´ ἔφερεν στέφανον

  λεπτᾶς ἀπὸ μυρτίδος εὐ-

    γνήτων κλαδέων δισύναπτον.

Et sur nos mains

l’eau coula ; un joli

garçon portant une aiguière

 d’or la versait ;

Ensuite il apporta des couronnes

formées d’une double tresse

de fermes rameaux

detendre myrte.

 

Φιλόξενος δ Κυθήριος ἐν τῷ ἐπιγραφομένῳ Δείπνῳεἴπερ τούτου καὶ κωμῳδιοποιὸς Πλάτων ἐν τῷ Φάωνι ἐμνήσθη καὶ μὴ τοῦ Λευκαδίου Φιλοξένουτοιαύτην ἐκτίθεται παρασκευὴν δείπνου·

Dans son poème « Le Banquet », si le Philoxène, dont Platon le comique parle dans son Phaon, est celui de Cythère, et non celui de Leucade, voici ce que dit celui de Cythère, dans le détail qu'il donne d'un banquet :

 

Εἰς δ´ ἔφερον διπλόοι παῖδες λιπαρῶπα τράπεζαν

ἄμμ´, ἑτέραν δ´ ἕτεροις, ἄλλοι δ´ ἑτέραν, μέχρι οὗ πλήρωσαν οἶκον.

Ταὶ δὲ πρὸς ὑψιλύχνους ἔστιλβον αὐγὰς

εὐστέφανοι λεκάναις παροψίσι τ´ ὀξυβάφων πλήρεις, σύν τε χλιδῶσαι 

παντοδαποῖσι τέχνας εὑρήμασι πρὸς βιοτάν, ψυχᾶς

δελεασματίοισι.

Πάρφερον ἐν κανέοις μάζας χιονόχροας, ἄλλοι δ´ ....

.. Ἐπι πρῶτα παρῆλθ´ οὐ κάκκαβος, ὦ φιλότας,

ἀλλ´ ἀλλοπλατεῖς τὸ μέγιστον

πάντ´ ἔπαθεν λιπαροντεσ εγχελεατινες ἄριστον

γόγγροιτοιωνητεμων πλῆρες θεοτερπές. Ἐπ´ αὐτῷ δ´

ἄλλο παρῆλθε τόσον, βατὶς δ´ ἐνέης ἰσόκυκλος.

Deux serviteurs apportèrent dans la salle une table qui paraissait bien grasse ; d'autres nous en apportèrent une seconde ; enfin, d'autres en apportèrent encore une troisième, de sorte qu'ils remplirent ainsi la salle du repas. Elles étaient éclairées par les lumières des lustres, et pleines de couronnes, d'herbages, d'assiettes et de saucières : c'étaient les délices mêmes ! On avait usé de toutes les ressources de l'art pour aiguiser l'appétit. D'abord, pour nous mettre en train, les esclaves servirent dans des corbeilles des mazes aussi blanches que la neige. Après ce prélude, il parut, mon cher Philétas, non un hochepot, mais des anguilles bien grasses, et presque totalement saupoudrées de sel, qui furent servies de tous côtés. D'autres apportèrent un congre exquis, accompagne de tout ce qu'il y avait de mieux, et fait pour flatter l'appétit des dieux. A sa suite vint le large ventre d'une raie : elle était ronde comme un cerceau.

 

Μικρὰ δὲ κακκάβι´ ἦς ἔχοντα τὸ μὲν γαλεοῦ τι,

ναρκίον ἄλλο ....

.. Παρῆς ἕτερον πίων ἀπὸ τευθιάδα καὶ σηπιο

πουλυποδείων

.. Ἀπαλοπλοκάμων. Θερμὸς μετὰ ταῦτα παρῆλθεν

ἰσοτράπεζος ὅλος μνηστης συνόδων πυρός ....

Ἔπειτα βαθμοὺς ἀτμίζων· ἐπὶ τῷ δ´ ἐπίπασται

τευθίδες, ὦ φίλε, κἀξανθισμέναι καρῖδες αἱ κυφαὶ

παρῆλθον.

Θρυμματίδες δ´ ἐπὶ ταύταις εὐπέταλοι χλοεραί τε

δηφαρυγες,

On servit de petites casseroles, dont l'une présentait un tronçon de chien-de-mer, l'autre un spare, la troisième de petits calmars bien en chair, une sèche et des polypes chauds, dont les bras étaient des plus tendres. Un synodon, qui se sentait bien d'avoir été au feu, vint ensuite couvrir à lui seul toute la table : il était garni de calmars, dont on l'avait flanqué : quelles délices ! des crevettes qui le disputaient au miel par leur saveur ; aussi ne firent-elles que paraître sous leur cuirasse jaune. Ce synodon avait parfumé tout l'escalier en montant. Un hachis en pâté bien feuilleté les suivit, recouvert de feuilles verdoyantes.

 

πυριων τε στεγναι βύσται μέγαθος κακὰ κακκάβου

γλυκυου ὀξιος 

ὀμφαλὸς θοίνας καλεῖται παρά γ´ ἐμὶν καὶ τίν,

σαφ´ οἶδα.

Εσταδα ναὶ μὰ θεοὺς ὑπερμέγεθες τέμαχος θύννου

μόλεν ὀπτὸν ἐκεῖθεν

θερμὸν ὅθεν γλυφις τετμημένον εὐθὺς ἐπ´ αὐτὰς

τὰς ὑπογαστρίδας. Διανεκέως ἐπαμυν

εἴπερ ἐμίν τε μέλοι καὶ τίν, μάλα κεν κεχαροίμεθ´.

Ἀλλ´ ὅθεν ἐλλίπομεν, θοίνα παρέης· ὅτε παλάξαι

δύνατ´ ἐπικρατέως ἔγωγ´ ἔτι, κοὔ

κε λέγοι τις

πάνθ´ ἃ παρῆν ἐτύμως ὔμμιν, παρέπαισε δὲ θερμὸν

Que cela est doux en passant par le gosier ! Des daubes bien luttées dans des timbales d'airain : un gâteau fourré d'une saveur douce-aigrelette, et de la largeur d'une marmite ; c'est ce que l'on appelle chez nous kapsis : des aphyes rôties. Que dis-je ? par tous les dieux ! il vint d'un côté de la table, un morceau rôti de thon; de l'autre, un surmulet bien chaud, immédiatement après des tétines de truies cuites en ragoût.

Le chant et la danse nous secondèrent, et nous nous livrâmes à toute notre joie; mais nous n'étions pas moins attentifs à expédier ce qu'on nous servait, comme chacun pouvait se le procurer. Pour moi, je faisais feu des dents, et l'on eût dit que tout se présentait spontanément à nous.

Survint alors une fraise; après cela une fressure de jeune porc domestique, le lard de son échine, son rognon, et nombre de petits hors-d'œuvre tout chauds.

 

σπλάγχνον, ἔπειτα δὲ νῆστις

δέλφακος οἰκετικᾶς καὶ νῶτος ἐσῆλθε καὶ ὀσφὺς

καὶ μινυρίγματα θερμά.

Καὶ κεφάλαιον ὅλον διάπτυχες ἑφθὸν ἁπερπευθη

νος ἀλεκτοτρόφου πνικτᾶς ἐρί

φου παρέθηκε,

εἶτα δίεφθ´ ἀκροκώλια σχελίδας τε μετ´ αὐτῶν

λευκοφορινοχρόους, ῥύγχη, κεφάλαια πόδας τε

χναυμάτιόν τε σεσιλφιωμένον

Ἑφθά τ´ ἔπειτα κρέ´ ὀπτά τ´ ἐρίφων τε

καὶ ἀρνῶν,

θ´ ὑπερωμόκρεως χορδὰ γλυκίστα

On servit ensuite la tête (et toutes ses parties) ouverte d'un chevreau qui tétait encore sa mère, et n'avait vécu que de lait; elle avait été cuite entre deux plats bien fermés. Les issues bouillies vinrent après. Nous vîmes arriver avec cela des jambonneaux recouverts de leur couenne blanche, des groins et des pieds cuits au blanc ; ce qui me parut une fort heureuse invention. D'autres viandes, tant de chevreaux que d'agneaux, bouillies ou rôties, relevaient l'appareil de cette tête : on avait aussi entremêlé des intestins d'agneau et de chevreau, mets délicieux,

 

μιξεριφαρνογενής, ἃν δὴ φιλέοντι θεοί, τοῦτ´,

φιλότας, ... Ἔσθοις κε· λαγῷά

τ´ ἔπειτ´ ἀλεκτρυόνων τε νεοσσοί.

Περδίκων φάσσεων τε χύδαν ἤδη δὲ παρεβάλλετο

θερμὰ πολλὰ ...

καὶ μαλακοπτυχέων ἄρτων. Ὁμοσύζυγα δὲ ξανθόν

τ´ ἐπεισῆλθεν μέλι καὶ γάλα σύμ

πακτον, τό κε τυρὸν ἅπας τις

ἦμεν ἔφασχ´ ἁπαλόν, κἠγὼν ἐφάμαν. Ὅτε δ´ ἤδη

βρωτύος ἠδὲ ποτᾶτος ἐς κόρον ᾖμεν ἑταῖροι,

τῆνα μὲν ἐξαπάειρον δμῶες, ἔπειτα δὲ παῖδες

νίπτρ´ ἔδοσαν κατὰ χειρῶν.

dont les dieux mêmes seraient friands : et toi, Philétas, que tu en aurais bien mangé ! les lièvres, les poulets, les perdrix, les ramiers y étaient à foison.

Déjà tous les mets chauds avaient paru sur la table avec nombre de pains à pâte mollette : on introduisit alors ce qui devait suivre (le dessert); savoir, du miel jaune, du lait caillé, des tourtes au fromage. Rien de si tendre, disait quelqu'un, et j'étais fort de son avis. Lorsque tous les amis et moi nous eûmes bien bu, bien mangé, les serviteurs ôtèrent les tables, et les esclaves nous versèrent de l'eau sur les mains. Athénée, IV.

 

 

τοῦ δείπνου δὲ χρονίζοντος λόγος ἐγένετο ποῖον τῶν ὑδάτων ἥδιστόν ἐστιν. Καὶ τῶν μὲν ἐγκωμιαζόντων τὸ ἀπὸ τῆς Λέρνης, ἄλλων δὲ τὸ ἀπὸ τῆς Πειρήνης, Καρνεῖος κατὰ Φιλόξενον εἶπε « τὸ κατὰ χειρῶν. »

Comme on tardait à servir le souper, la conversation tomba sur l'eau, et l'on demanda quelle était la plus agréable. Les uns vantèrent celle de Lerne, les autres celle de Priène ; alors Carnée dit, comme Philoxène, celle qui coule sur les mains. Athénée, IV.

 

καὶ Φιλόξενος δ Κυθήριος ἐν τῷ γραφομένῳ Δείπνῳ φησίν·

On lit dans le souper que décrit Philoxène de Cythère :

πμινετο νεκτάρεων πῶμἐν χρυςέαις προτομαῖς ταύρων κεραστῶν

ἔβρεχον δὲ κατὰ μικρόν

Ils burent un vin tel que le nectar, dans des vases d'or, faits à l'imitation

de la partie la plus large de grandes cornes. Athénée, X

 

Φιλόξενος δ´ διθυραμβοποιὸς ἐν τῷ ἐπιγραφομένῳ Δείπνῳ μετὰ τὸ ἀπονίψασθαι τὰς χεῖρας προπίνων τινί φησι·

Σὺ δὲ τάνδε Βακχία

εὔδροσον πλήρη μετανιπτρίδα δέξαι.

Πραύ τί τοι Βρόμιος γάνος τόδε δοὺς ἐπὶ τέρψιν

πάντας ἄγει.

Philoxène, poète dithyrambique, dit, dans la Description de son souper, en portant la santé à quelqu'un, après qu'on se fût lavé les mains :

Mais toi, reçois cette coupe pleine d'une charmante rosée bachique.

Bacchus, qui nous accorde cette faveur, a déjà mis depuis longtemps

tous les convives en joie. » Athénée, XI.

 

 

 

 


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