Noctes Gallicanae

Poésie grecque

 


Platon d'Athènes

Πλάτων Ἀθηναῖος

 

 

Platon d'Athènes a vécu au IVe s., et avant de se consacrer à la philosophie, il a écrit des poèmes et des tragédies. Il reste de lui quelques épigrammes dont personne ne pourrait garantir l'authenticité.

 

εἰς Ἀστέρα μειράκιον

ἀστέρας εἰσαθρεῖς ἀστὴρ ἐμὸς εἴθε γενοίμην

  οὑρανὸς ὡς πολλοῖς ὄμμασιν εἰς σὲ βλέπω

Pour Aster, un jeune garçon

Les astres, tu les contemples, mon Astre. Puissé-je devenir

le ciel pour te regarder avec de nombreux yeux.

 

 

εἰς αὑτόν

ἀστὴρ πρὶν μὲν ἔλαμπες ἐνὶ ζῳοῖσιν Ἐῷος

  νῦν δὲ θανὼν λάμπεις Ἕσπερος ἐν φθιμένοις

Pour le même

Mon Astre, autrefois tu brillais parmi les vivants, Astre du matin,

maintenant que tu es mort, tu brilles, Astre du soir, parmi les éteints.

 

 

εἰς Ἀρχεάνασσαν ἑταῖραν

Ἀρχεάνασσαν ἔχω τὴν ἐκ Κολοφῶνος ἑταῖραν

  ἧς καὶ ἐπὶ ῥυτίδων πικρὸς ἕπεστιν ἕρως

δειλοὶ νεότητος ἀπαντήσαντες ἐκείνης

  πρωτοπλόου δι’ ὅσης ἤλθετε πυρκαϊῆς

Pour Archéanassa la courtisane

Je possède Archéanassa, la courtisane de Colophon,

et même sur ses rides, l'amour survit, aigu.

Ah, malheureux qui avez embarqué dans la fougue

de ses premières traversées, par quel brasier êtes-vous passés!

 

attribuée aussi à Asclépiade, cette épigramme nous est parvenue avec de nombreuses variantes, par exemple celle-ci:

Ἀρχεάνασσαν ἔχω τὴν ἐκ Κολοφῶνος ἑταῖραν

  ἇς καὶ ἐπὶ ῥυτίδων γλυκὺς ἕζετἕρως

νέον ἥβης ἄνθος ἀποδρέψαντες ἐρασταὶ

  πρωτοβόλου διὅσης ἤλθετε πυρκαϊῆς

Je possède Archéanassa, la courtisane de Colophon,

et sur ses rides mêmes venait siéger le doux amour.

Ah, vous les amants qui avez cueilli la fleur nouvelle de sa jeunesse

en sa primeur, par quel brasier êtes-vous passés!

 

ἐπὶ κατόπτρον ἁνατιθέντι παρὰ Λαΐδος

σοβαρὸν γελάσασα καθἙλλάδος ποτἑραστῶν

  ἑσμὸν ἐνὶ προθύμοις Λαΐς ἔχουσα νέων

τῇ Παφίῃ τὸ κατόπτρον ἐπεὶ τοίη μὲν ὁρᾶσθαι

  οὐκ ἐθέλω οἵη δἦν πάρος οὐ δύναμαι

sur un miroir consacré par Laïs

Celle qui avec dédain se riait de la Grèce, celle qui fut un temps avait

Un essaim d’amoureux à sa porte, Laïs

Consacre ce miroir à la déesse de Paphos : parce que me voir telle que je suis

Je ne le veux pas, telle qu’autrefois je fus, je ne le peux pas.

Miroir étrusque

Τυρρηνικὸν κατόπτρον

 

εἰς τὴν Σαπφώ

ἐννέα τὰς Μούσας φασίν τινες ὡς ὀλιγώρως

  ἠνίδε καὶ Σαπφὼ Λεσβόθεν δεκάτη

Pour Sapho

Neuf sont les Muses si l'on en croit certains, quelle distraction!

voilà aussi Sapho de Lesbos, la dixième.

 

 

εἰς Ἀγάθωνα

τὴν ψυχὴν Ἀγάθωνα φιλῶν ἐπὶ χείλεσιν ἔσχον

  ἦλθε γὰρ τλήμων ὡς διαβησομένη

Pour Agathon

Mon âme, quand j'embrasse Agathon, me vient au bord des lèvres.

Elle vient là, la malheureuse, comme si elle allait passer en lui.

 

 

εἰς κόρην

τῷ μήλῳ βάλλω σε σὺ δεἰ μὲν ἑκοῦσα φιλεῖς με

  δεξαμένη τῆς σῆς παρθενίης μετάδος

εἰ δἄρ μὴ γίνοιτο νοεῖς τοῦταὐτὸ λαβοῦσα

  σκέψαι τὴν ὥρην ὡς ὀλιγοχρόνιος

A une jeune fille

Je te frappe de cette pomme que je te lance. Et toi, jeune fille, si tu m'aimes vraiment,

ramasse-la et donne-moi ta virginité.

Mais si au contraire tu penses ce que je souhaite que tu ne penses pas, prends cette même pomme,

et regarde bien comme ta jeunesse va durer peu de temps.

 

 

εἰς Ξανθίππην κόρην

μῆλον ἐγὼ βάλλει με φιλῶν σέ τις ἁλλἐπίνευσον

  Ξανθίππην κἀγὼ καὶ σὺ μαραινόμεθα

Pour la jeune Xanthippe

Je suis une pomme, celui qui m'envoie, c'est quelqu'un qui t'aime, mais réfléchis bien,

Xanthippe, toi comme moi, nous nous flétrirons.

 

εἰς τὸν Δίωνα

Δάκρυα μὲν Ἑκάβῃ τε καὶ Ἰλιάδεσσι γυναιξὶ

Μοῖραι ἐπέκλωσαν δὴ τότε γεινομέναις,

σοὶ δέ, Δίων, ῥέξαντι καλῶν ἐπινίκιον ἔργων

δαίμονες εὐρείας ἐλπίδας ἐξέχεαν.

Κεῖσαι δ' εὐρυχόρῳ ἐν πατρίδι τίμιος ἀστοῖς,

ἐμὸν ἐκμήνας θυμὸν ἔρωτι Δίων.

Pour Dion

Les destinées firent verser des torrents de larmes

à Hécube et aux Troyennes;

au lieu que les dieux t'ont accordé, Dion,

les plus belles espérances avec les plus glorieux triomphes.

Ta patrie t'aime et tes concitoyens te comblent d'honneur; mais de quel trait, hélas ! perces-tu mon cœur?

 

Τοῦτο καὶ ἐπιγεγράφθαι φησὶν ἐν Συρακούσαις ἐπὶ τῷ τάφῳ.

On dit que cette épigramme sert d'épitaphe à Dion, et fut mise à Syracuse sur son tombeau.

 

Εἰς Ἀλέξιδα

Νῦν, ὅτε μηδὲν Ἄλεξις ὅσον μόνον εἶφ' ὅτι καλός,

ὦπται καὶ πάντῃ πᾶς τις ἐπιστρέφεται.

Θυμέ, τί μηνύεις κυσὶν ὀστέον; Εἶτ' ἀνιήσεις

ὕστερον; οὐχ οὕτω Φαῖδρον ἀπωλέσαμεν;

Pour Alexis

A présent qu'on ne voit plus rien qui soit digne d'attachement qu'Alexis,

et que les regards de tout le monde se tournent sur lui,

pourquoi tantôt confier mes sentiments et tantôt les cacher?

N'est-ce pas ainsi que nous avons perdu Phèdre ?

 

εἰς τοὺς Ἐρετριέας τοὺς σαγηνευθέντας

Εὐβοίης γένος εἰμὲν Ἐρετρικόν, ἄγχι δὲ Σούσων

κείμεθα· φεῦ, γαίης ὅσσον ἀφ' ἡμετέρης.

Pour les Érétriens, surpris par une embuscade

Nous étions Érétriens, originaires d'Eubée ; mais nos corps reposent près de Suze,

loin de notre patrie et des tombeaux de nos ancêtres.

 

 

Κύπρις Μούσαισι

Κύπρις Μούσαισι· « Κοράσια, τὰν Ἀφροδίταν

τιμᾶτ' τὸν Ἔρωτ' ὔμμιν ἐφοπλίσομαι. »

Aphrodite aux Muses

Αἱ Μοῦσαι ποτὶ Κύπριν· « Ἄρει τὰ στωμύλα ταῦτα·

ἡμῖν οὐ πέτεται τοῦτο τὸ παιδάριον. »

Cypris dit aux Muses : Nymphes, redoutez-moi  ou j’envoie l'Amour vous faire la guerre.

Les Muses dirent à Cypris : Arrête ce genre de discours, ce gamin ne vole pas par ici.

 

 

βρόχος ἀντὶ χρυσοῦ

Χρυσὸν ἀνὴρ εὑρὼν ἔλιπεν βρόχον· αὐτὰρ χρυσὸν

ὃν λίπεν οὐχ εὑρὼν ἧψεν ὃν εὗρε βρόχον.

Une corde au lieu d’un trésor

A la place d’un trésor qu’il avait trouvé, un homme laissa une corde ; plus tard, celui qui avait caché

ce trésor ne le trouvant pas prit la corde qu’il trouva.

[… et se pendit !]

 

 

 


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