Noctes Gallicanae

Poésie grecque

 


Les Sept Sages

οἱ ἑπτὰ Σοφοί

 

Sept sages 2.bmp

 

d’après http://scodpub.wordpress.com/2011/03/13/seven-ancient-sages/

 

μέτρον ἄριστον

γνῶθι σεαυτόν

χολου κράτει

οὐδὲν ἄγαν

οἱ πλεῖστοι κακοί

ὅρα τέλος μακροῦ βίου

γίγνωσκε καιρόν

μέλετα τὸ πᾶν

ἐγγύα παρ’ ἄτᾳ

 

 

Selon la tradition, Bias de Priène, Chilon de Lacédémone, Cléobule de Lindos, Périandre de Corinthe, Pittacos de Mytilène, Solon d’Athènes et Thalès de Milet, tous philosophes ou hommes politiques grecs du VIe s. av. J.-C., formaient le groupe des Sept Sages.

 

Le nombre de sept est évidemment symbolique. Mais quatre d'entre eux seulement figurent dans toutes les énumérations : Thalès, Pittacos, Bias et Solon. « Dicéarque en nomme six autres, parmi lesquels il en choisit trois : Aristodème, Pamphile, le Lacédémonien Chilon, Cléobule, Anacharsis et Périandre. D'autres ajoutent Acousilaos, Caba ou Scala, un Argien. Hermippe, dans son livre sur les Sages, dit qu'ils furent dix-sept et que chacun en choisit sept selon ses préférences. Diogène Laërce a fait figurer dans sa liste, en plus des quatre précédents : Chilon, Cléobule, Myson, Anacharsis, Périandre, Épiménide, Phérécyde. » (Jean Voilquin, Les Penseurs grecs avant Socrate).

 

Στασιάζεται δὲ καὶ περὶ τοῦ ἀριθμοῦ αὐτῶν.

Λεάνδριος μὲν γὰρ ἀντὶ Κλεοβούλου καὶ Μύσωνος Λεώφαντον Γορσιάδα, ΛεβέδιονἘφέσιον, ἐγκρίνει καὶ Ἐπιμενίδην τὸν Κρῆτα.

Πλάτων δὲ ἐν Πρωταγόρᾳ Μύσωνα ἀντὶ Περιάνδρου.

Ἔφορος δὲ ἀντὶ Μύσωνος Ἀνάχαρσιν.

οἱ δὲ καὶ Πυθαγόραν προσγράφουσιν.

Δικαίαρχος δὲ τέσσαρας ὡμολογημένους ἡμῖν παραδίδωσι, Θαλῆν, Βίαντα, Πιττακόν, Σόλωνα. Ἄλλους δὲ ὀνομάζει ἕξ, ὧν ἐκλέξασθαι τρεῖς, Ἀριστόδημον, Πάμφυλον, Χίλωνα Λακεδαιμόνιον, Κλεόβουλον, Ἀνάχαρσιν, Περίανδρον.

Ἔνιοι προστιθέασιν Ἀκουσίλαον ΚάβαΣκάβρα Ἀργεῖον.

Ἕρμιππος δ’ ἐν τῷ Περὶ τῶν σοφῶν ἑπτακαίδεκά φησιν, ὧν τοὺς ἑπτὰ ἄλλους ἄλλως αἱρεῖσθαι· εἶναι δὲ Σόλωνα, Θαλῆν, Πιττακόν, Βίαντα, Χίλωνα, Μύσωνα, Κλεόβουλον, Περίανδρον, Ἀνάχαρσιν, Ἀκουσίλαον, Ἐπιμενίδην, Λεώφαντον, Φερεκύδην, Ἀριστόδημον, Πυθαγόραν, Λᾶσον ΧαρμαντίδουΣισυμβρίνου, ἢ ὡς Ἀριστόξενος Χαβρίνου, Ἑρμιονέα, Ἀναξαγόραν.

 Ἱππόβοτος δὲ ἐν τῇ Τῶν φιλοσόφων ἀναγραφῇ· Ὀρφέα, Λίνον, Σόλωνα, Περίανδρον, Ἀνάχαρσιν, Κλεόβουλον, Μύσωνα, Θαλῆν, Βίαντα, Πιττακόν, Ἐπίχαρμον, Πυθαγόραν.

On n’est pas non plus d’accord sur le nombre des sages :

Léandre substitue à Cléobule et à Myson, Léophantos fils de Gorsiada, de Lébédos ou d’Éphèse, et Épiménide de Crète.

Platon, dans le Protagoras, met Myson à la place de Périandre ;

Ephore remplace Myson par Anacharsis ;

d’autres ajoutent Pythagore.

Dicéarque en cite d’abord quatre sur lesquels il n’y a aucune contestation : Thalès, Bias, Pittacus, Solon ; puis six autres, parmi lesquels on choisit pour compléter la liste; ce sont : Aristodème, Pamphilus, Chilon de Lacédémone, Cléobule, Anacharsis et Périandre.

Quelques-uns ajoutent Acusilaos d’Argos, fils de Caba ou Scabra.

Hermippe, dans le Livre des Sages en cite dix-sept parmi lesquels on choisit diversement les sept principaux ; ce sont : Solon, Thalès, Pittacos, Bias, Chilon, Myson, Cléobule, Périandre, Anacharsis, Acusilaos, Ëpiménide, Léophantos, Phérécyde, Aristodème, Pythagore, Lasus d’Hermione, fils de Charmantidas, ou de Sisymbrinus, ou bien encore, suivant Aristoxène, de Chabrinos, enfin Anaxagore.

Hippobotus, dans la Liste des Philosophes, donne les noms suivants : Orphée, Linus, Solon, Périandre, Anacharsis, Cléobule, Myson, Thalès, Bias, Pittacus, Épicharme, Pythagore. Diogène Laërce, Thalès.

 

 

 

Antipater de Sidon propose la liste suivante (Anth. Palat., VII, 81) :

Ἑπτὰ σοφῶν Κλεόβουλε σὲ μὲν τεκνώσατο Λίνδος·

  φατὶ δὲ Σισυφία χθὼν Περίανδρον ἔχειν·

Πιττακὸν ἁ Μυτιλᾶνα· Βίαντα δὲ δῖα Πριήνη·

  Μίλητος δὲ Θαλῆν ἄρκον ἔρεισμα Δίκας·

ἁ Σπάρτα Χίλωνα· Σόλωνα δὲ Κεκροπὶς αἶα·

  πάντας ἀριζάλου σωφροσύνας φύλακας.

Des Sept Sages, tu fus mis au monde, Cléobule, par Lindos ;

La terre de Sisyphe affirme qu’elle détient Périandre ;

Mytilène possède Pittacos ; la divine Priène possède Bias ;

Milet possède Thalès, ce haut rempart de la Justice ;

Sparte possède Chilon ; la terre de Cécrops possède Solon ;

Tous furent les gardiens de l’enviable sagesse.

 

Platon, dans son Protagoras, propose celle-ci :

τούτων ἦν καὶ Θαλῆς ὁ Μιλήσιος καὶ Πιττακὸς ὁ Μυτιληναῖος καὶ Βίας ὁ Πριηνεὺς καὶ Σόλων ὁ ἡμέτερος καὶ Κλεόβουλος ὁ Λίνδιος καὶ Μύσων ὁ Χηνεὺς καὶ ἕβδομος ἐν τούτοις ἐλέγετο Λακεδαιμονίος Χίλων.

Parmi eux se trouvaient Thalès de Milet, Pittacos de Mytilène, Bias de Priène, notre Solon, Cléobule de Lindos, Myson de Chèné, et on compte comme septième d’entre eux Chilon de Lacédémone.

 

On attribuait à chacun un certain nombre de maximes.

 

L'authenticité de ces préceptes n'est nullement établie et telle sentence est indifféremment attribuée à l'un ou à l'autre de ces Sages. Ces maximes comportent des éléments postérieurs et des proverbes d'origine inconnue ; ce sont des observations isolées, des conseils de prudence et de morale qui ne dépassent pas la sagesse pratique et ne témoignent pas d'une réflexion philosophique approfondie. « Pas de discussion, pas de raisonnement, des vérités nettement formulées, qu'on suppose évidentes par elles-mêmes, ou fondées sur quelque autorité divine. » (Janet et Séailles.) Leur mérite est seulement de montrer les débuts de la pensée grecque, quand elle s'applique au problème de la conduite de la vie. Presque tous ces sages passent pour avoir été des législateurs.

 

ἀποφθέγματα τῶν ἑπτὰ σοφῶν

ἑπτὰ σοφῶν ἐρέω κατἔπος πόλιν οὔνομα φωνὴν·

μέτρον μὲν Κλεόβουλος ὁ Λίνδιος εἶπεν ἄριστον·

Χίλων δ’ ἐν κοίλῃ Λακεδαίμονι γνῶθι σεαυτόν·

ὃς δὲ Κόρινθον ἔναιε χόλου κρατέειν Περίανδρος·

Πιττακὸς οὐδὲν ἄγαν ὃς ἔην γένος ἐκ Μυτιλήνης·

τέρμα δ’ ὁρᾶν βιότοιο Σόλων ἱεραῖς ἐν Ἀθήναις·

τοὺς πλέονας κακίους δὲ Βίας ἀπέφηνε Πριηνεύς·

ἐγγύην φεύγειν δὲ Θαλῆς Μιλήσιος ηὔδα.

 

Maximes des Sept Sages

des Sept Sages je vais vous dire en vers la cité, le nom et la parole.

Cléobule de Lindos : « Mesure est perfection » ;

Chilon dans le val de Lacédémone : « Connais-toi toi-même » ;

celui qui habitait Corinthe, Périandre : « Maîtrise ta colère » ;

Pittacos : « Rien de trop », il était de Mytilène,

« Regarde le terme de ta vie », disait Solon dans la sainte Athènes ;

« Les méchants sont en majorité » a révélé Bias de Priène ;

« Évite de donner ta caution » a recommandé Thalès de Milet.

                  Anth. Palat., IX, 366.

 

Traduction latine d’Ausone :

E GRAECO

Septenis patriam, Sapientum nomina, voces,

versibus expediam ; sua quemque monosticha dicent.

Mensuram optimum, ait Cleobulus Lindius, in re.

Chilo, cui patria est Lacedaemon, Noscere seipsum.

Periander, Trepidam moderare, Corinthius, iram.

Ex Mitylenaeis, Nimium nil, Pittacus oris.

Exspectare Solon finem docet, ortus Athenis.

Plures esse Bias pravos, quem clara Priene.

Mileti, fugisse Thales vadimonia, alumnus.

 

Voyez aussi « le Jeu des Sept Sages » et « Maximes des Sept Sages » d’Ausone.

 

 

 


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