Noctes Gallicanae

Poésie grecque

 


Télésilla d'Argos

Τελέσιλλα Ἀργεία

Τελέσιλλα ἀγακλέα

«la glorieuse Télésilla»

Τελέσιλλα ποιητρία

Télésilla la poétesse

 

Télésilla d'Argos a vécu au début du Ve s. av. J.-C.

Οὐδενὸς δ´ ἧττον ἔνδοξόν ἐστι τῶν κοινῇ διαπεπραγμένων γυναιξὶν ἔργων πρὸς Κλεομένη περὶ Ἄργους ἀγών, ὃν ἠγωνίσαντο Τελεσίλλης τῆς ποιητρίας προτρεψαμένης. Ταύτην δέ φασιν οἰκίας οὖσαν ἐνδόξου τῷ δὲ σώματι νοσηματικὴν εἰς θεοῦ πέμψαι περὶ ὑγιείας· καὶ χρησθὲν αὐτῇ Μούσας θεραπεύειν, πειθομένην τῷ θεῷ καὶ ἐπιθεμένην ᾠδῇ καὶ ἁρμονίᾳ τοῦ τε πάθους ἀπαλλαγῆναι ταχὺ καὶ θαυμάζεσθαι διὰ ποιητικὴν ὑπὸ τῶν γυναικῶν.

Ἐπεὶ δὲ Κλεομένης ὁ βασιλεὺς τῶν Σπαρτιατῶν πολλοὺς ἀποκτείνας (οὐ μήν, ὡς ἔνιοι μυθολογοῦσιν, ἑπτὰ καὶ ἑβδομήκοντα καὶ ἑπτακοσίους πρὸς ἑπτακισχιλίοις) ἐβάδιζε πρὸς τὴν πόλιν, ὁρμὴ καὶ τόλμα δαιμόνιος παρέστη ταῖς ἀκμαζούσαις τῶν γυναικῶν ἀμύνεσθαι τοὺς πολεμίους ὑπὲρ τῆς πατρίδος.

Ἡγουμένης δὲ τῆς Τελεσίλλης ὅπλα λαμβάνουσαι καὶ παρ´ ἔπαλξιν ἱστάμεναι κύκλῳ τὰ τείχη περιέστεψαν, ὥστε θαυμάζειν τοὺς πολεμίους. Τὸν μὲν οὖν Κλεομένη πολλῶν πεσόντων ἀπεκρούσαντο· τὸν δ´ ἕτερον βασιλέα Δημάρατον, ὡς Σωκράτης φησίν, ἐντὸς γενόμενον καὶ κατασχόντα τὸ Παμφυλιακὸν ἐξέωσαν. Οὕτω δὲ τῆς πόλεως περιγενομένης, τὰς μὲν πεσούσας ἐν τῇ μάχῃ τῶν γυναικῶν ἐπὶ τῆς ὁδοῦ τῆς Ἀργείας ἔθαψαν, ταῖς δὲ σωθείσαις ὑπόμνημα τῆς ἀριστείας ἔδοσαν ἱδρύσασθαι τὸν Ἐνυάλιον.

« Rien n’est moins illustre, parmi les actions accomplies par les femmes en faveur de la collectivité, que le combat qu’elles livrèrent contre Cléomène pour Argos, à l’instigation de Télésilla la poétesse. Elle appartenait, dit-on, à une maison illustre mais était d’une nature maladive. Elle fit donc demander au dieu [Apollon de Delphes] comment retrouver la santé. L’oracle lui répondit de se mettre au service des Muses ; elle obéit au dieu et se consacra à la poésie lyrique et à la musique. Elle se remit rapidement de ses maux et devint un objet d’admiration auprès des femmes par son talent poétique.

« Lorsque Cléomène, le roi de Sparte [en 494], après avoir tué de nombreux Argiens (mais certainement pas, comme quelques-uns [dont Hérodote VII, 148] le prétendent, sept mille sept cent soixante-dix sept !) il marcha sur la ville, une audacieuse initiative d’inspiration divine inspira aux femmes dans la fleur de l’âge le désir de chasser les ennemis de leur patrie.

« Sous la conduite de Télésilla, elles prirent les armes et disposées le long de la ligne des créneaux, elles occupèrent le tour des remparts, ce qui surprit les ennemis. C’est ainsi qu’elles repoussèrent Cléomène avec de lourdes pertes. Quant à l’autre roi, Démarate, qui avait réussi (selon Socrate) à entrer dans la ville et à occuper le Pamphyliacon, elles l’en rejetèrent. La cité qui avait été sauvée de cette manière fit ensevelir les femmes qui étaient tombées dans la bataille près de la route d’Argos et donna aux survivantes la permission d’élever un monument à Arès, en souvenir de leur vaillance. »

Plutarque, Mulierum virtutes, 4.

Voyez Plutarque et les femmes.

 

Selon Pausanias, Cléomène aurait simplement renoncé à combattre des femmes et se serait retiré. Les Argiens reconnaissants élevèrent à Télésilla sa statue devant le temple d'Aphrodite d'Argos.

 

῎Αρτεμις

δ῎Αρτεμις κόραι

φεύγοισα τὸν Ἀλφεόν

Artémis, jeunes filles,

fuyant le fleuve Alphée...

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Intégralité des fragments conservés

 


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