Les tables de mariages

 

 

Les tables de mariages, à condition de mentionner la filiation et l'origine des conjoints, permettent d'effectuer de rapides sondages, voire même de véritables recherches généalogiques sans exclure, bien entendu, la consultation des registres paroissiaux et d'état-civil pour de plus amples renseignements.

 

Nos recherches personnelles portant, entre autres, sur la paroisse du BUIS-LES-BARONNIES, nous avons relevé, ainsi que nous le faisons habituellement, tous les mariages figurant dans les registres paroissiaux, dans les registres d'état-civil et les micro-films du BUIS ; mais aussi les quelques mariages célébrés à Saint-Martin d'UBRIEUX (5 actes) et ceux célébrés à Notre-Dame, dite Saint-Denis, de PROYAS (10 actes). Parfois le prêtre note le mariage d'un de ses paroissiens, ou d'une de ses paroissiennes, alors que la cérémonie a eu lieu dans une autre paroisse : MEVOUILLON, VAISON , quelquefois cette dernière précision fait défaut, le prêtre ayant tout simplement signalé que le mariage avait été célébré "ailleurs" !

 

Nous avons regroupé tous ces mariages en établissant un classement alphabétique des patronymes de tous les conjoints et en signalant à l'aide d'un sigle, dont on trouvera la liste dans les abréviations des toponymes, la paroisse dans laquelle le mariage a été célébré. Ce regroupement présente un intérêt supplémentaire, il est ainsi possible de saisir d'un coup d'oeil les hommes, ou les femmes, portant le même patronyme quelles que soient leur localité d'origine et la paroisse où leur mariage a eu lieu.

 

Malheureusement les lacunes sont fréquentes, soit parce qu'une année est incomplète, soit parce qu'une période plus ou moins longue fait entièrement défaut, par exemple au BUIS les années 1616 à 1618 inclus. Les registres sont parfois endommagés, tachés, en fort mauvais état, ceux de 1657 et 1658 entre autres. L'encre est quelquefois complètement délavée et les caractères presque effacés, ce qui ne facilite pas la lecture et augmente la gêne causée par l'écriture souvent peu aisée à déchiffrer ; les pages comprises entre le 15 novembre 1676 et le 8 février 1677 par exemple, sont pratiquement illisibles du fait de l'effacement.

 

L'ordre chronologique n'est pas toujours respecté, ainsi une partie de l'année 1672 se trouve à la fin de 1668, l'autre partie étant située après 1671 ; tandis qu'en 1638/1639 les mariages sont notés dans le registre des Confréries. Les dates ne sont pas toujours précisées ou sont indiquées sous le nom du saint du jour comme en 1640 : "Sainte Lucie", soit le 13 décembre, ou en 1660 : "Sainte Catherine de Sienne", soit le 29 avril, ou bien en 1657 : "Saint Martin", or il existe deux fêtes de Saint Martin dites "la Saint Martin d'hiver" et la "Saint Martin d'été", cette mention, en 1657, se trouve placée entre un acte daté du 14 octobre et un acte daté du 1er décembre, il s'agit donc de la Saint Martin d'hiver, soit le 11 novembre.

 

Les prêtres n'avaient qu'une connaissance assez vague de l'orthographe en général, mais si la graphie des patronymes n'était pas encore fixée celle des toponymes aurait dû l'être davantage, or elle ne l'était guère plus ; si bien que la plupart des curés font preuve de la plus grande fantaisie quant à l'orthographe des patronymes et des toponymes. Il n'est pas rare de trouver deux graphies différentes, ou plus, pour un patronyme identique dans la rédaction d'un même acte, par exemple le nom du père et celui du fils orthographiés différemment. D'autre part, les curés n'étaient pas toujours originaires de la paroisse, ni de la région, où ils exerçaient leur ministère, si bien qu'ils percevaient mal la prononciation des patronymes et des toponymes souvent énoncés par les paroissiens, non en français, mais dans le dialecte parlé dans la paroisse et ils les transcrivaient comme ils les avaient perçus. Il en était de même pour les notaires, si bien que l'on relève des divergences dans la graphie des patronymes entre le contrat de mariage enregistré par le notaire et le mariage proprement dit célébré par le prêtre.

 

Certaines différences constatées dans les renseignements concernant un mariage et un remariage, suite à un veuvage, sont imputables à l'inattention du curé ; lorsque Magdeleine MATHERON se marie le 13 septembre 1694, elle a pour mère Louise FAVIER, et quand elle se remarie le 22 octobre 1703 le prêtre lui donne pour mère feue Louise ALMERAS ! Ces fantaisies orthographiques peuvent donner lieu à quelques confusions, ainsi le 29 avril 1715, la mère d'Etienne FAULQUET est Louise MARCHETTE, décédée ; au remariage dudit Etienne, le 19 septembre 1724, elle est devenue Louise LAMARCHE. Nous pourrions multiplier de tels exemples, nous nous contenterons de citer celui-ci : l'épouse de Pierre GAMET se nomme, le 21 janvier 1777, Magdeleine COINIEU ; le 29 août 1780, elle devient Magdelaine CONNIEU ; le 25 février 1783, il s'agit de Magdeleine CONIL et enfin, le 27 pluviôse an 3 (15 février 1795), elle est Magdelaine COIGNET ! Ceci peut se rencontrer également, plus rarement il est vrai, dans les registres tenus par l'officier d'état-civil, après 1792, et cela se traduit parfois par des erreurs grossières. Par exemple, Marie Olympie BEYNET épouse, le 1er avril 1856, Etienne SURBIER et est dite veuve d'Etienne SORBIER lorsqu'elle se remarie le 19 août 1857. Les omissions sont fréquentes, les prénoms et patronymes des père et mère ne sont pas toujours indiqués, quelquefois le patronyme des époux n'est pas signalé.

 

La graphie des patronymes a été scrupuleusement respectée, même lorsqu'à l'évidence elle était plus ou moins fantaisiste lecteur ne s'étonnera donc pas de constater, par exemple, que les BIGONNET, BIGONNES, BIGONNEZ et BIGOUNEZ constituent vraisemblablement une seule et même famille ; ainsi que les LIEUTAUD, LIAUTAUD, LIOTAUD, LIOTARD et LIAUTARD ; ou encore les BEGUE et les BEGOU ; les AUMAGE et les OMAGY ; ou bien les SOILET et les SOULIER ou encore les SERRES et les SARRET.

 

Nous pourrions donner d'autres exemples, assez nombreux, de ces erreurs. Parfois également, le prêtre confond manifestement les personnes présentes ; nous ne citerons qu'un seul cas de ce genre de confusions. Nous relevons deux couples vivant à la même époque : Mathieu BEGOU, époux de Jeanne PANCIN, et Dominique BEGOU, époux de Françoise PANCIN ; or lors du mariage de Marie BEGOU, le 13 février 1730 à PROYAS, et de Louys REYMOND, le curé note pour ses père et mère : Dominique BEGOU et Jeanne PANCIN.

 

De plus, si la consonance d'un patronyme est totalement étrangère à la région et si la perception en est altérée, la graphie est très approximative ; quand George SCHWARTZ originaire de MASSENHEIM (diocèse de Bâle) épouse, le 29 novembre 1788, Marie Claire DURIEU il devient SEHVARTZ !

 

Dans certains cas, nous avons privilégié la signature, par exemple le 15 mai et le 14 juin 1724, Anne et Jaques BERMOND, frère et soeur, signent tous deux "BERMOND" et sont inscrits par le curé sous le nom de BREMOND. Un ressortissant d'AOSTE signe, le 13 février 1763, "MACCAIRELLE" et est noté dans le registre paroissial sous le patronyme de "MAIOREL" ; comme Jean Pierre JOUET, selon sa signature, qui figure dans un acte du 9 mai 1769 sous la graphie "JOUVET".

 

Nous pensons que n'ayant pas la possibilité de trancher entre ces différentes graphies, nous ne devons point en retenir une de préférence aux autres. Il appartient au collègue généalogiste ou historien, c'est d'ailleurs bien souvent le même personnage, de rechercher laquelle de ces formes a prévalu dans sa lignée directe ou dans celle de ses collatéraux.

 

Cette prise de position obligera ceux qui se pencheront sur ces tables de mariages à faire preuve d'un peu d'imagination et à songer à toutes les aberrations orthographiques auxquelles ont pu se livrer des prêtres qui, fréquemment, ne faisaient pas toujours un grand effort de compréhension. Nous avons également respecté la graphie des prénoms tels que : Anthoine, Caterine, Louyse, Magdelaine, Susane ; prénoms parfois curieux comme : Cerice ou Mansin, attribués à des hommes, ou Andrive, Cathin ou Pollicene donnés à des femmes.

 

Les différentes graphies des patronymes et le fait de désigner l'époux, ou l'épouse, à l'aide du premier prénom ou du deuxième, voire du troisième, provoque parfois dans le classement alphabétique par patronyme et prénom un décalage entre les mariages successifs en cas de veuvage. Par exemple le mariage de Thérèse JULLIEN, le 8 mai 1764, avec Antoine SAUVAYRE est classé après son remariage, le 9 janvier 1769, avec BONET Jean Antoine car son patronyme est alors orthographié JUILLIEN ; il en est de même pour Anne RHODIER, qui se remarie le 21 pluviôse an 6 (9 février 1798), et dont le premier mariage, le 9 novembre 1773, est enregistré sous le nom d'Anne RODIER. Ces décalages, assez fréquents peuvent également être provoqués par l'inversion des prénoms comme pour Verand Bernard VACHON, premières noces le 7 mai 1793, et lors des deuxièmes noces, le 12 mai 1807, l'ordre des prénoms est inversé,  soit Bernard Verand VACHON, d'où le classement de cette deuxième union avant la première.

 

Nous n'avons généralement pas tenu compte de la féminisation abusive du patronyme lorsque le prénom permet de lever toute ambiguïté. Par exemple Catherine BONFILS qui devient, le 11 février 1621, Catherine BONNEFILLE ; ou Adele BLANC, le 13 juin 1663, Adele BLANCHE ; ou encore Louyse REYNARD, le 20 janvier 1693, Louyse REYNARDE. Par contre, une mention (f) suivant un prénom indique qu'il s'agit d'une femme portant un prénom habituellement attribué à un individu du sexe masculin, par exemple, en février 1646, la mère de Claude TALARAN se nomme Anthoine FILHET ; inversement une mention (h) signale un homme possédant un prénom généralement féminin, comme Mary RODE qui épouse, en janvier 1651, Catherine MARTIN. Ces mentions (h) et (f) sont également utilisées quand les prénoms des deux conjoints ont été omis par le curé afin de bien distinguer l'époux et l'épouse. Quelquefois les prénoms des conjoints ne permettent pas de connaître le sexe de chacun d'eux, par exemple quand un Claude épouse une Dominique, ces deux prénoms étant utilisés indifféremment pour un homme ou pour une femme, là encore les mentions (h) et (f) apparaîtront.

 

Si nous avons délibérément choisi de laisser les éventuels généalogistes rechercher leurs ancêtres sous les différentes graphies qui peuvent affecter un patronyme, il nous a par contre paru utile, et même indispensable, de leur indiquer, dans la mesure du possible, les lieux d'origine desdits ancêtres avec la précision la plus approchée, et cela en dépit d'une graphie souvent erronée.

 

Nous avons, pour ce faire, consulté divers ouvrages, dictionnaires des communes contemporains et du siècle dernier, annuaires des départements, code postal, cartes des diocèses de l'Ancien Régime, cartes de Cassini, parfois sans succès, hélas ! Ceci nous a cependant permis, dans bien des cas, de restituer la graphie exacte, sinon actuelle, de la plupart des toponymes, par exemple COURENNES (84) dépendant de SAINT-MARTIN-de-CASTILLON, au lieu de CORREIN, ou LEMPS (26) pour LENS, ou encore SISTERON (04) en lieu et place de CITHRON !

 

Cependant, il nous a quelquefois été impossible d'opérer cette restitution, en particulier quand aucune précision n'est fournie à la suite d'un toponyme introuvable. Nous avons alors transcrit ces toponymes tels qu'ils figurent dans les registres paroissiaux en les faisant suivre d'un point d'interrogation, comme : VOEUX ? ou MARQUELANOS (diocèse de Perpignan) ? ou bien SAINT-THOMAS (diocèse d'Arles) ? ou encore PONCHAMERET ?

 

Un point d'interrogation entre parenthèses suit des toponymes, dont les formes existent bien dans les ouvrages spécialisés, mais qui peuvent prêter à confusion par suite de l'imprécision subsistant dans les actes, nous relevons ainsi : LE POET ( ?), de quel POET est-il question ? LE POET-SIGILLAT, LE POET-en-PERCIP ou LE POET (05) ? De même LA FARE ( ?), est-ce LA FARE (05) ou LA FARE (13) ou LA FARE (26) ou enfin LA FARE (84) ? De même BEAUMONT ( ?) (72), s'agit-il de BEAUMONT-PIED-de-BOEUF ou de BEAUMONT-sur-DêME ou encore de BEAUMONT-sur-SARTHE ?

 

Bien entendu, il n'est pas question de département dans les registres paroissiaux puisque les départements n'ont été créés qu'en 1790, cependant pour faciliter les recherches nous avons indiqué, dans la mesure du possible, le département où se situe actuellement la paroisse en question.

 

Nous avons utilisé une présentation particulière pour donner des renseignements complémentaires : MIRABEL/LE BUIS signifie que l'intéressé, originaire de MIRABEL, réside au moment de son mariage au BUIS.

 

Le patronyme du premier époux (ou de la première épouse) décédé(e) figure dans la rubrique "veuf/veuve" ; quand l'acte indique seulement le veuvage sans donner le patronyme du (ou de la) défunt(e), nous portons dans cette rubrique la mention abrégée "n", ce qui signifie que ce patronyme n'est pas précisé.

 

Le lecteur trouvera en fin d'ouvrage une table de concordance des calendriers grégorien et républicain pour les mariages figurant dans les registres d'état-civil du BUIS-LES-BARONNIES.

 

 

Des tables d'abréviations permettent de pallier l'inconvénient que présente la nécessité d'abréger certains termes faute de place suffisante.

 

Des erreurs de transcription ont pu être faites compte tenu des difficultés du déchiffrage, ainsi les lettres "n", "u" et "v" par exemple ont une graphie identique ; et, parfois, en raison du mauvais état des manuscrits.

 

 

 

Nous remercions tout particulièrement pour l'amabilité de leur accueil Monsieur VIDAL, des Archives Départementales de la Drôme, et Monsieur VARLET, des Archives Municipales du BUIS-LES-BARONNIES.

 

 

 

Gap, septembre 1992

 

 

Gaston CANU

 

 

 


 

 

 

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