Leçon inaugurale

 

octobre 1976

 

Université de Bangui

 

Etudes et recherches linguistiques

 

en Afrique Noire

 

 

Il n'entre point dans nos intentions de vous exposer exhaustivement tous les problèmes auxquels se heurte le linguiste africaniste ni les résultats encourageants obtenus de nos jours dans le domaine de la connaissance des langues négro-africaines. Tenter d'y parvenir en si peu de temps serait tout simplement présomptueux! Un cours annuel n'y suffirait peut-être pas!

 

Par langues négro-africaines nous entendons langues de l'Afrique Noire à l'exclusion de toute autre langue parlée sur le continent africain.

 

Nous estimerons avoir rempli la tâche que nous nous sommes assignée si nous parvenons à vous faire prendre conscience de l'importance que revêt l'Afrique Noire dans le contexte socio-culturel du monde moderne, et si nous avons su éveiller votre intérêt pour ces langues que certains qualifient encore, avec quelque dédain, de langues primitives.

 

Par ailleurs, nous ne pensons pas nécessaire de définir longuement ce que l'on entend par linguistique. Chacun sait que cette science, relativement récente, a pour objet l'étude du langage humain considéré comme l'ensemble des signes utilisés par les hommes pour communiquer entre eux.

 

Le langage, de par sa nature, intéresse plusieurs disciplines scientifiques : la sociologie, en tant qu'acte social, la psychologie, en tant qu'acte psychologique et la physiologie, en tant qu'acte physiologique. La linguistique donc, étude du langage, possède de ce fait des rapports étroits avec ces diverses sciences. Le sociologue, l'ethnologue et le psychologue devront avoir fréquemment recours au linguiste et ne sauraient se dispenser d'une bonne connaissance des notions élémentaires de la linguistique.

 

Nous avons parlé à propos du langage humain de signes sans préciser, à dessein, s'il s'agissait de signes articulés ou vocauxÿou bien de signes écrits ou graphiques.

 

Les signes écrits revêtent-ils donc la même importance que les signes articulés ? Ferdinand de Saussure, dans son Cours de Linguistique Générale, fait remarquer que « le linguiste devra tenir compte des textes écrits, puisque seuls ils lui font connaître les idiomes passés ou distants ».

 

Il convient cependant de préciser que ceci ne prend toute sa valeur qu'en ce qui concerne les recherches menées dans le cadre de la linguistique générale, et plus particulièrement dans celui de la linguistique historique, dite aussi évolutive. Dans le premier cas, le chercheur se penche sur les problèmes posés par le fonctionnement et l'évolution des langues; dans le second cas, il essaie, par la méthode comparative, d'établir les affinités généalogiques des langues entre elles et de déterminer leur évolution au cours des siècles.

 

Il est bien évident que les textes écrits représentent un état de langue fixé, figé pourrait-on dire, à une époque déterminée et permettent une étude comparative avec l'état actuel de ladite langue; étude qui doit être menée avec une grande prudence, la graphie étant toujours plus ou moins aberrante!

 

Par contre, de nombreuses langues, et tout particulièrement la plupart des langues négro-africaines, sont uniquement parlées et ne connaissent point la forme écrite. L'étude de ces langues fera donc l'objet de recherches dans le domaine de la linguistique descriptive ou synchronique. Le linguiste s'efforcera d'analyser objectivement les faits de langue observables afin de dégager les unités phonologiques et morphologiques et, en dernier lieu, les structures syntaxiques de la langue étudiée. Les procédés d'enquête applicables aux langues négro-africaines permettent de vaincre les principales difficultés qu'elles présentent.

 

L'étude de ces langues, dont certaines ne sont plus parlées que par quelques centaines ou quelques milliers de locuteurs, le kusa, par exemple, dans le cercle de Tenkodogo en Haute-Volta n'est parlé que par 4 000 personnes environ, cette langue offre-t-elle donc un intérêt général, abstraction faite de la satisfaction personnelle et purement subjective du chercheur?

 

De prime abord, l'intérêt scientifique d'une telle étude est évident.

 

En effet, la description synchronique complète d'une langue négro-africaine permet de la fixer à un moment précis de son histoire car une langue évolue sans cesse et subit de nombreuses modifications phonologiques, lexicales et grammaticales dont les locuteurs ne sont pas conscients. Or, si l'on tient compte du fait que presque toutes ces langues sont uniquement orales et que quelques unes d'entre elles sont actuellement en voie de disparition, on conçoit sans peine l'importance présentée par ces travaux. On ne pourra définir avec quelque certitude l'appartenance de telles ou telles langues encore mal connues et paraissant plus ou moins éloignées entre elles à tel ou tel groupe que lorsque des descriptions rigoureuses permettront une étude comparative objective.

 

De plus, chacun sait que tout Africain ayant reçu l'enseignement dispensé dans les écoles ou les lycées doit être au moins bilingue, c'est-à-dire capable de s'exprimer non seulement dans sa langue maternelle mais encore dans une langue européenne, le français pour l'Afrique francophone.

 

Il est unanimement reconnu, aujourd'hui, que des difficultés inhérentes au contexte linguistique entravent l'apprentissage de la langue européenne et, quelquefois, en compromettent l'acquisition; d'autant plus que les méthodes pédagogiques en vigueur se contentent généralement de transposer purement et simplement les méthodes en usage pour des enfants dont la langue maternelle est le français. Pour vaincre ces difficultés, il convient, d'une part, de posséder une bonne connaissance des langues vernaculaires et, d'autre part, d'adapter l'enseignement de la langue européenne en fonction du substrat linguistique, c'est-à-dire de l'organisation interne, phonologique, morphologique, sémantique et syntaxique desdites langues vernaculaires. Dans ce but, les Centres de Linguistique Appliquée de Dakar et d'Abidjan mènent de front des recherches sur les langues du Sénégal et de la Côte-d'Ivoire et sur le français parlé dans ces régions; un Institut de Linguistique Appliquée du Cameroun doit entreprendre des travaux similaires dès octobre 1967 à Yaoundé.

 

Là encore, les descriptions des langues négro-africaines s'avèrent indispensables.

 

Enfin, la connaissance de la langue donne la possibilité d'approcher et de pénétrer la pensée nègre par le moyen de la littérature orale africaine, méconnue ou même dédaignée jusqu'au début du XXème siècle. Certains puristes lui refusent encore le nom de littérature, ajoutant : par étymologie, une littérature doit être écrite. Faute d'une dénomination plus appropriée, nous emploierons le terme littérature auquel nous accolerons, puisqu'il faut bien préciser, l'épithète orale, fabriquant ainsi un véritable monstre sémantique qui obligera lesdits puristes à se voiler la face. Mais nul ne peut contester qu'à l'origine toute littérature, y compris la littérature française du Moyen-Age, a été orale et transmise oralement avant d'être recueillie et écrite!

 

Cette littérature orale, contes, légendes, proverbes ou mythes, est le reflet de l'âme, de l'éthique, de la philosophie noires et il importe de la recueillir, non traduite, aux sources mêmes.

 

Dès le XVIIème siècle, les langues négro-africaines ont, par nécessité, fait l'objet d'études par des missionnaires, puis par des officiers et enfin par des administrateurs; études qui, malheureusement, ne furent pas toujours menées avec toute la rigueur scientifique souhaitable!

 

Nous ne ferons pas ici un exposé exhaustif de l'historique de la linguistique africaine; Mlle Homburger en donne un résumé fort satisfaisant dans son ouvrage intitulé Les langues négro-africaines et les peuples qui les parlent. Nous nous contenterons de signaler que les premiers travaux traitant d'une langue africaine furent publiés par un Italien, le Père H. Brusciotto de Vetrella : un vocabulaire congo-portugais-latin-italien en 1650, et une grammaire en 1659.

 

Un Français, l'abbé Proyart, donna la première description d'une langue bantu dans L'Histoire de Loango, en1776. D'autres ouvrages concernant différents idiomes suivirent, de qualité fort inégale. La multiplicité des langues de l'Afrique de l'Ouest fut mise en évidence par le Révérend S. Koelle qui exerçait son ministère à Freetown en Sierra-Leone, dans Polyglotta Africana, en 1854. Il s'agit d'un vocabulaire comparatif comprenant environ 300 mots ou locutions et portant sur près de 200 langues ou dialectes. La classification proposée par le Révérend Koelle a été abandonnée au profit des classifications plus scientifiques de M. Delafosse, de D. Westermann et surtout de J. Greenberg.

 

Si l'Afrique de l'Ouest apparaît comme une véritable mosaïque linguistique, l'unité du groupe bantu fut affirmée dès 1860 par W.H. Bleek qui suggéra de dénommer bantu, pluriel de muntu (homme), toutes les langues employant ce terme ou une forme correspondante. K. Meinhof proposa , en 1899, dans son Etude phonétique comparée des langues bantu, un bantu commun nommé urbantu.

 

Les linguistes s'intéressant aux langues négro-africaines se groupèrent, en 1956, au sein du West African Languages Survey devenu, en 1966, la Société Linguistique de l'Afrique Occidentale ou West African Linguistic Society, qui a son siège à l'Université d'Ibadan. Deux revues spécialisées n'accueillent dans leurs colonnes que des articles consacrés aux langues de l'Afrique Noire. Ces revues ont pour titres: Journal of West African Languages et Journal of African Languages.

 

 

 

Plusieurs ouvrages, d'une grande rigueur scientifique, sur des descriptions de langues négro-africaines ont été publiés ces dernières années, tant en langue française qu'en langue anglaise; par ailleurs un certain nombre de travaux et de thèses de linguistique africaine sont actuellement en cours. Mais il reste encore énormément à faire et les linguistes africanistes demeurent trop peu nombreux.

 

Avant d'exposer les méthodes d'enquête utilisées dans l'étude d'une langue négro-africaine, il nous a paru intéressant de donner un résumé très succinct des diverses théories relatives à l'origine des langues et au peuplement de l'Afrique Noire, théories qui tendent à se compléter mutuellement.

 

Certaines de ces théories, dites ethno-linguistiques, combinent les données fournies par la linguistique, l'ethnologie et la raciologie.

 

Les auteurs, généralement des Allemands, se réclamant de ces théories, pensent pouvoir résoudre des problèmes purement linguistiques en se référant à des faits d'ordre anthropologique et d'ordre ethnologique.

 

Ils prétendent, par exemple, que la capacité intellectuelle étant en rapport direct avec le niveau de l'équipement technique, il s'ensuit nécessairement qu'un groupe ne possédant qu'un outillage rudimentaire utilisera un langage également rudimentaire. Nous retrouvons là cette notion bien connue du rapport qui doit exister entre la langue parlée et le mode de civilisation, le caractère primitif de cette dernière déterminant automatiquement celui de la langue.

 

Par exemple, on recherchera les langues apparentées à celle des Peul parmi les peuples qui offrent avec eux des ressemblances, tant anthropologiques qu'ethnologiques : peau claire et nez droit, mode de vie, nomadisme et élevage, d'où un rapprochement avec les peuples nomades et éleveurs du Proche-Orient.

 

On en arrive même à établir une certaine concordance entre le type de langues parlées et le type somatique. Ainsi l'ethnologue F. Müller crut pouvoir dresser une classification des langues en tenant compte du système capillaire et publia à Vienne en 1877 un ouvrage dont le titre, traduit en français, est : Les langues des races à cheveux laineux !

 

 

A la même époque, en 1880, Lepsius soutient que l'Afrique, continent isolé, a dû être peuplée par une seule et même espèce humaine : les Noirs. Partant de ce principe, il paraît logique d'admettre que les langues des Noirs sont les plus anciennes d'Afrique. Ces premiers occupants du continent africain seraient les Bantu car les langues bantu présentent un mode de structure généralisé.

 

Ces langues bantu durent entrer en contact avec les langues hamitiques parlées par les descendants d'envahisseurs venus d'Asie par Suez et le détroit de Bab-el-Mandeb, peuples pasteurs à peau claire.

 

De ces contacts entre les peuples noirs bantu et les peuples blancs hamitiques naquirent des langues présentant des caractéristiques appartenant aux deux groupes en présence, langues dont les différences proviennent simplement des divers degrés des composants bantu ou hamitiques.

 

L'étude de la grammaire des langues bantu conduit Karl Meinhof à penser qu'une grammaire aussi élaborée, aussi logiquement construite ne peut en aucun cas être l'oeuvre d'un peuple primitif. Cette grammaire, selon lui, n'a pu être conçue que par un peuple ayant atteint un haut degré d'évolution intellectuelle. Il s'agirait d'envahisseurs proto-hamitiques blancs venus des rives de la Méditerranée orientale et dont les Bantu seraient les derniers représentants.

 

Cette argumentation séduisante est réduite à néant par les récentes découvertes qui démontrent que des groupes humains occupaient déjà ces lieux avant le néolithique, soit plus de 10 000 ans avant notre ère.

 

D'autres auteurs essaient d'expliquer l'origine des langues et le peuplement de l'Afrique par des théories plus proches de la linguistique, théories s'appuyant sur l'interprétation des raisonnements propres à la linguistique comparative.

 

La méthode comparative permet théoriquement de retrouver la langue originelle à partir des langues parlées et de mettre en évidence les influences exercées ou subies par ces langues. Cette méthode doit être employée avec beaucoup de circonspection car les risques d'erreur sont très grands.

 

Supposons, par exemple, que le latin soit totalement inconnu. Nous constatons que de nombreux termes français ayant un [ ʃ ] à l'initiale ont pour correspondants des termes espagnols possédant à l'initiale un [ k ] = cheveu et cabello.

 

On pourrait fort bien aboutir, par la méthode comparative, à une occlusive prépalatale sourde *[ x ] d'un idiome hypothétique, ancêtre commun du français et de l'espagnol, soit une forme erronée *xapillus au lieu du capillus latin avec un [ k ].

 

Même si les deux termes comparés sont fort proches, cela ne signifie pas pour autant qu'il puisse y avoir entre les deux langues une origine commune; la ressemblance de forme et de sens peut être toute fortuite, les exemples célèbres de man "homme" en anglais et man "homme" en coréen; ou de bad "mauvais" en anglais et bad "mauvais" en persan le démontrent assez, nul n'aurait la naïveté de s'appuyer sur de tels exemples pour affirmer la parenté de l'anglais et du coréen ou de l'anglais et du persan.

 

La méthode du vocabulaire fondamental, ou vocabulaire de base, ne donne pas entière satisfaction non plus. Certes les termes contenus dans le vocabulaire de base désignent des objets d'un usage courant et sont donc très employés; de plus aucun de ces termes n'a pu, par définition, résulter d'un emprunt à une langue étrangère. Mais la liste de ces termes n'est pas forcément commune à l'humanité entière et rien ne permet d'affirmer qu'elle se retrouvera dans toutes les langues sans changement.

 

La brève liste de 200 mots du linguiste américain Swadesh ne saurait s'appliquer à tous les idiomes. Les langues australiennes, par exemple, ne possèdent qu'un mot pour exprimer les notions marcher, nager, voler, idées fort différentes pour de nombreux autres hommes.

 

Mlle Homburger procède à la comparaison d'éléments morphologiques à l'état isolé. C'est là une méthode qui n'offre pas toutes les garanties souhaitables, d'autant plus que ces éléments faisant l'objet d'une comparaison sont généralement monosyllabiques. D'autre part, leur contenu sémantique comporte le plus souvent une part assez grande d'imprécision.

 

Mlle Homburger dresse ainsi des listes de mots dont la parenté est contestable. Dans son ouvrage sur les langues négro-africaines, page 309, elle procède, entre autre, aux rapprochements suivants :

égyptien ancien

khr

canara (langue dravidienne)

kirikiri

telougou

dø geri

nubien

gir

susu

kira

bambara

sira

wolof

nger

bantu

*ngila

Tous ces mots signifient « chemin ».

 

L'un des trois phonèmes constituant l'élément de base en égyptien ancien, le phonème / h / , ne se retrouve dans aucun des exemples cités. On pourrait, abandonnant le domaine des langues négro-africaines, citer d'autres exemples paraissant comporter une structure phonématique et un contenu sémantique tout aussi proches du modèle égyptien ancien que ceux contenus dans la liste de Mlle Homburger :

espagnol carretera ( k + r ) "chemin"

provençal carriero "route, rue"

 

S'appuyant sur les résultats de cette méthode comparative Mlle Homburger pense que l'Afrique, peuplée à l'origine de Négrilles (Boshimans nains), fut envahie par des Noirs venant de l'Inde, comme les Egyptiens, refoulés par des conquérants aryens.

 

Les Bantu seraient les descendants des Canara du sud de l'Inde, et le royaume du Mali aurait été fondé par une autre peuplade dravidienne, les Telougou.

 

Les Peul auraient pour ascendants des pasteurs blancs, les Brahmi du Bélouchistan ("boeuf" se dit nagor en brahmi et nagge en peul).

 

Mlle Homburger avance, à l'appui de cette théorie, des preuves qui paraissent, à l'examen, sujettes à caution. Nous n'en citerons que trois : les Numides dressaient des éléphants comme cela se pratique en Inde; les cauris sont, ou étaient, utilisés en guise de monnaie en Inde et en Afrique, le nom par lequel on désigne l'Empereur des Mosi, Mogo-Naba, peut être rapproché du nabab indou!

 

Cette théorie semble tout aussi invraisemblable que celle qui voit dans l'égyptien ancien l'ancêtre de toutes les langues africaines (Cheikh Anta Diop, Sénégalais), ou celle qui tenta de démontrer que les langues bantu étaient issues du latin (Père Prat, Français), ou celle enfin qui les fait naître au Tibet (Drexel, Allemand).

 

Transposant en linguistique la théorie des "cercles de culture" (Kulturkreise) de la sociologie, un auteur autrichien (Hans von Mukarovsky) émet l'opinion que des envahisseurs venant du nord parlaient une langue qu'il nomme le Mauritanien, langue disparue appartenant au groupe ibéro-caucasique, groupe comprenant le basque, et qui aurait donné naissance au berbère et au peul. Les Peul seraient donc étroitement apparentés aux Berbères et la couleur actuelle de leur peau résulterait d'un métissage avec des Noirs.

 

Le professeur Joseph Greenberg, comparant le proto-bantu de Meinhof et le proto-soudanais de Westermann, conclut que ce proto-bantu et ce proto-soudanais sont probablement deux branches d'une langue ancêtre commune. Il faudrait, pense-t-il, rechercher l'origine des Bantu, non dans la région des grands lacs, mais dans celle de la vallée moyenne de la Benue.

 

En effet, les langues de la Benue-Cross, une soixantaine environ, ont certaines particularités en commun avec le bantu, sans qu'il puisse s'agir d'emprunts étant donné le nombre de ces langues. Mais peut-on faire entièrement crédit au proto-bantu de Meinhof et au proto-soudanais de Westermann ?

 

Enfin, le professeur Guthrie, recherchant les formes génétiquement apparentées en bantu, a restitué 2 300 formes; aucun radical n'est restitué s'il ne possède pas de représentant dans 3 langues au moins, très éloignées géographiquement. Il pense qu'il a existé une langue pré-bantu qui s'est scindée en proto-bantu oriental et en proto-bantu occidental d'où découlent les langues bantu actuelles.

 

L'exposé de ces quelques théories, relatives à l'origine des langues négro-africaines et au peuplement de l'Afrique, nous paraît bien mettre en évidence non seulement les difficultés que rencontrent les chercheurs en ce domaine mais encore la prudence qui doit présider à l'élaboration de telles théories.

 

Contrairement à ce que l'on a pu peut-être penser, ce faisant, nous ne sortions pas de notre sujet. La connaissance approfondie des langues négro-africaines est le fondement de toutes les recherches africanistes.

 

Pas de comparatisme possible sans de bonnes descriptions de ces langues, descriptions dressées selon des normes scientifiques rigoureuses.

 

Comment procèdera-t-on pour aboutir à ce résultat ? Quels procédés d'enquête, quelle méthode appliquera-t-on ? Et selon quels critères choisira-t-on une langue parmi toutes celles qui, en Afrique Noire, demeurent mal connues ou même totalement inconnues ?

 

Rappelons que, pour le linguiste, toutes les langues, tous les dialectes ont la même valeur intrinsèque.

 

On peut évidemment se laisser guider par l'importance numérique des locuteurs, choisissant ainsi en premier lieu les grandes langues dont l'aire d'expansion frappera d'autant plus l'imagination qu'elle sera plus vaste. C'est un point de vue! Certes, il est indéniable qu'il faut hâter le moment où toutes ces langues de communication seront dépouillées, classées, connues. La plupart, d'ailleurs, ont été ou sont actuellement étudiées.

 

Cependant, il est d'innombrables langues qui, pour n'être pas aussi répandues, n'en sont pas moins intéressantes. Certaines sont en voie d'extinction, le Degha ou Dyamu, par exemple, dans la subdivision de Bondoukou (Haute-Volta) n'est plus parlé que par 800 personnes environ, soit parce que le nombre de locuteurs diminue inexorablement, soit parce qu'ils ont adopté un autre idiome.

 

Si l'on ne s'empresse pas de recueillir et d'enregistrer les textes oraux de la bouche des derniers griots ou vieillards qui les connaissent encore : mythes, légendes, épopées, contes, proverbes, devises et aussi chantefables du pays ewondo (Cameroun), non seulement ces langues qui meurent disparaîtront totalement et définitivement mais encore la civilisation dont elles sont le support s'anéantira également, aucun texte écrit ne permettant de la transmettre aux générations futures.

 

L'extension d'une langue ne doit donc pas, selon nous, être retenue comme critère primordial du choix à faire.

 

Incontestablement certains sont, plus ou moins consciemment, poussés vers telle ou telle langue par une sorte de sympathie irraisonnée.

 

Mais le choix est toujours commandé en fonction des conditions matérielles, même le choix affectif auquel nous venons de faire allusion.

 

Les conditions matérielles se résument en la possibilité ou l'impossibilité de séjourner plus ou moins longuement sur le terrain; ou, si ce séjour s'avère irréalisable, en la possibilité ou l'impossibilité de trouver des informateurs sérieux et réunissant toutes les qualités que l'on doit exiger d'un bon informateur. Nous reviendrons sur ce point.

 

Permettez-nous, pour illustrer ce qui précède, d'évoquer nos débuts de chercheur dans le domaine de la linguistique africaine. Notre choix s'était porté tout d'abord sur le baule de Côte-d'Ivoire, langue non décrite. Trois mois plus tard, des raisons impératives nous contraignirent à faire porter nos efforts sur une autre langue, mal décrite, le mo:re des Mosi de Haute-Volta.

 

Ces raisons, dont chacune était suffisante, se révélèrent au premier examen constituer un empêchement insurmontable.

 

Premièrement, séjournant à Dakar il nous était impossible de nous rendre en pays baule. Deuxièmement nous ne pûmes trouver à Dakar que deux informateurs baule, tous deux fort peu enclins, par suite de leur situation personnelle, à nous faire bénéficier de leur connaissance de la langue. Troisièmement, et ce n'était pas là le moindre obstacle, on nous fit savoir qu'un autre chercheur avait déjà déposé un sujet de thèse portant sur la description de la langue baule.

 

Par contre, il fut facile de trouver à Dakar, en particulier parmi les étudiants de l'Université, des Mosi possédant bien leur langue et prêts à coopérer sur le plan linguistique. Puis des facilités nous furent offertes pour nous permettre d'effectuer à Ouagadougou les séjours nécessaires à la mise au point et à la correction de notre travail.

 

Cet exemple personnel nous a permis de constater à quel point ce que nous avons appelé les conditions matérielles sont astreignantes dans le choix de la langue étudiée.

 

La langue choisie, la première démarche du chercheur doit être d'établir une bibliographie aussi complète que possible. Tous les ouvrages traitant de cette langue seront recensés, même ceux dont l'intérêt n'est pas évident au premier abord.

 

Il est bon, nous dirons même indispensable, que la curiosité de l'enquêteur ne s'arrête pas aux seuls ouvrages de linguistique mais s'étende à ceux traitant des croyances, des moeurs, des coutumes du peuple parlant la langue, objet de l'enquête. Pour qui ne connaît pas la manière de vivre de l'ethnie dont on étudie la langue, certaines tournures de celle-ci paraîtront incompréhensibles ou illogiques, cependant tout s'éclaire si l'on se donne la peine de confronter ces constructions avec les coutumes et les allusions deviennent transparentes.

 

Il est bien évident qu'on ne se laissera pas influencer par des théories ou des descriptions linguistiques plus ou moins obsolètes; il s'agit seulement, avant de commencer ses propres recherches, de faire le point sur la question.

 

Peut-être n'existe-t-il aucun ouvrage sur la langue choisie. Tant pis et tant mieux! Tant pis, car rien ne pourra nous donner une idée, même vague, des difficultés que nous aurons à vaincre; tant mieux, car progresser lentement en terrain vierge stimulera notre ardeur.

 

 

L'informateur, ou plus exactement les informateurs entrent alors en scène. On appelle informateur une personne parlant parfaitement la langue que l'on désire étudier et pour qui cette langue est la langue maternelle.

 

La réussite de l'enquête linguistique et la qualité, la valeur de la description dépendent en grande partie du choix des informateurs. Il faut savoir se montrer très exigeant! Parler d'abondance dans un microphone est considéré généralement comme un plaisir rare et pouvoir ensuite entendre sa propre voix devient une véritable jouissance! Au bout de peu de temps, les assistants se presseront autour du microphone, mais il ne suffit pas de parler pour être un bon informateur.

 

Pour être digne de ce nom, un informateur ne doit avoir aucun défaut de prononciation, ni bégayer, ni zozoter, par exemple. Vous souriez et pensez sans doute que ce sont là des vérités premières et que nous énonçons des lapalissades. Et pourtant, nous avons vu des étudiants, procédant à leur premier enregistrement en vue d'une enquête linguistique, recueillir religieusement un long discours pratiquement incompréhensible et surtout inutilisable sur le plan de la description phonologique, discours proféré par un vieillard, noble certes et de belle prestance, mais complètement édenté et crachottant.

 

Une prononciation nettement audible est donc absolument obligatoire. Nous ne disons pas une prononciation correcte. Il est impossible d'affirmer, au début de la recherche, si la prononciation est correcte ou non, la langue étudiée nous étant inconnue. Ce n'est qu'en faisant écouter ensuite cet enregistrement à plusieurs personnes de la même ethnie, en dehors de la présence de l'informateur, mieux vaut ménager les susceptibilités, que l'on se rendra compte de la correction de la langue en fonction des réactions des auditeurs.

 

Ensuite, il faut établir une fiche d'identité pour chaque informateur. Cette fiche précisera ses nom, prénoms, date et lieu de naissance, son ethnie et celle de ses père et mère, sa langue maternelle, éventuellement les autres langues parlées ou comprises, son niveau culturel, sa profession, sa religion. Ces renseignements ont tous leur utilité.

 

La langue se subdivise souvent en plusieurs dialectes pouvant présenter entre eux des différences phonétiques, tonétiques, syntaxiques, lexicales. En mo:re de Haute-Volta, par exemple, les différences tonétiques et syntaxiques sont assez peu marquées entre le dialecte de Ouagadougou, celui de Kaya au nord et celui de Manga au sud.

 

Cependant, nous avons, par exemple, dans la région de Kaya [ le ] pour [ la ] « et, mais, que » dans la région de Ouagadougou. De même, sur le plan lexical, on emploie à Kaya les termes [ g fe ] « poche », [ p g-balgo ] « filles nubiles », et à Ouagadougou, respectivement: [ loa:ba ] et [ p g-bongo ]; de même « proverbes » se dira [p dogo ] à Manga et [ ielbundi ] à Ouagadougou.

 

Le lieu de naissance de l'informateur nous donne donc une indication précise quant au dialecte qu'il est susceptible d'employer, surtout s'il a résidé plusieurs années dans ce lieu. L'ethnie du père est vraisemblablement identique à celle du fils; la mère, par contre, peut fort bien appartenir à une ethnie différente, de parfaits Mosi sont nés de mère gurunsi, lobi, bobo ou bambara; mais la pureté de la langue apprise par le jeune enfant a pu être affectée par la langue de la mère appartenant à une autre ethnie, d'où la présence de certaines interférences fâcheuses.

 

Ces interférences peuvent aussi provenir de langues apprises ultérieurement et employées ensuite plus fréquemment que la langue maternelle. Ainsi un Africain trop européanisé, si vous voulez bien nous permettre ce néologisme, et amené pour diverses raisons à vivre hors de son milieu, donc à utiliser la langue européenne de préférence à sa propre langue, en arrive à ne plus très bien manier cette dernière.

 

Ceci demeure, fort heureusement, une exception. Nous avons d'excellents informateurs mosi, étudiants en licence ou à l'Ecole Normale Supérieure de Dakar, mais entre eux et en famille, ils n'utilisent que le mo:re et lui conservent ainsi toute sa pureté.

 

Point n'est besoin de rechercher un informateur cultivé. Depuis notre premier séjour à Ouagadougou, nous sommes en contact avec un simple manoeuvre dont les connaissances en français se bornent à quelques mots : bon... merci... bonjour... Pratiquement, il ne comprend pas notre langue et, bien entendu, ne la parle pas. Il n'a jamais fréquenté l'école et, de ce fait, ne sait ni lire ni écrire. Ce brave garçon est un véritable réceptacle de contes, de légendes, de proverbes et il manie sa langue avec une maîtrise naturelle d'orateur et de poète. Nous apprécions un peu plus, à chaque séjour, son fin talent de conteur disert.

 

Enfin la religion peut agir, faiblement peut-être, sur le choix de certains termes. Les catholiques et les animistes sont moins enclins que les musulmans à utiliser des formules extraites de textes religieux, véritables clichés coraniques en mauvais arabe ou traduits dans la langue africaine de l'informateur.

 

Un seul informateur ne suffit pas pour étudier une langue, il est nécessaire de procéder à plusieurs enregistrements, avec différents informateurs, afin d'avoir la possibilité de contrôler par recoupements les résultats obtenus.

 

Lorsque l'enquête porte sur une langue tonale, une voix féminine aiguë permet de mieux déceler les différents registres tonétiques qu'une voix masculine grave.

 

Quel appareil doit-on préférer pour réaliser un enregistrement correct ? Il convient d'utiliser un magnétophone portatif, fonctionnant sur piles, sur batterie ou sur secteur, dont les qualités techniques garantissent une reproduction fidèle.

 

Si vous enregistrez à l'extérieur, n'oubliez pas que le vent peut produire un bruit de fond suffisant pour gêner l'audition lors du dépouillement de la bande magnétique. Utilisez alors un microphone muni d'un capuchon pare-vent, en évitant de diriger ce capuchon face au vent, sinon le remède serait pire que le mal.

 

Les enregistrements destinés à être analysés en vue d'une enquête linguistique doivent être effectués à la vitesse de déroulement de 19 centimètres/seconde, la fidélité étant inversement proportionnelle à la vitesse de déroulement.

 

Le dépouillement de la bande magnétique consiste d'abord en une transcription phonétique aussi exacte que possible. Tout doit être transcrit!

 

Nous ignorons quel système de transcription emporte votre adhésion, personnellement nous utilisons le système de l'International Phonetics Association (I.P.A.), revu par l'International African Institute (I.A.I.) pour ce qui est des langues africaines. C'est un système cohérent, simple et qui a l'avantage d'être très répandu parmi les linguistes, sauf quelques rares individualistes qui se fabriquent leur propre petit système, ce qui ne facilite pas la lecture de leurs ouvrages.

 

Nous espérons que vous voudrez bien nous pardonner l'aspect un peu technique que va revêtir notre exposé.

 

La transcription phonétique terminée, on passe à la transcription phonologique, qui ne pourra être réalisée que lorsque le système phonologique aura été dégagé, soit le système consonantique et le système vocalique de la langue envisagée.

 

Les langues négro-africaines, hormis quelques sons particuliers tels les clics bantu ou les consonnes ingressives, ne présentent en général pas plus de difficultés que les langues non africaines. Mais dès que l'on aborde la prosodie on se heurte, pour la plupart des langues négro-africaines, au problème irritant des tons, problème souvent difficile à résoudre.

 

On distingue deux types de tons : les tons ponctuels réalisés à un niveau mélodique constant et les tons modulés qui peuvent être montant-descendant ou descendant-montant ou montant-descendant-montant ou toute autre combinaison.

 

Les langues à tons ponctuels possèdent généralement entre deux et quatre tons; le mo:re en possède trois : un ton haut, un ton moyen, enfin un ton bas.

 

Les tons assument une fonction lexicale et parfois une fonction grammaticale.

 

On entend par tons assumant une fonction lexicale des tons qui sont utilisés à différencier des significations. Autrement dit, le sens de mots ayant une structure phonématique strictement identique change suivant la hauteur mélodique d'émission de la syllabe, ou des syllabes, les composant.

 

Ainsi, en mo:re, nous avons : ki « garder longtemps à la bouche » et ki « mourir » ; ou kao:go « pintade », kao:go « cassé » et kao:go « fourré très touffu ».

 

Tout phonème intoné, dans une langue tonale, est émis sur un registre d'une hauteur déterminée.

 

Les différences tonales sont caractérisées par les écarts de hauteur perceptibles entre ce registre et les registres immédiatement voisins, soit ceux qui précèdent ou ceux qui suivent le registre tonique envisagé.

 

Les tons connaissent également des réalisations particulières à des niveaux mélodiques plus élevés ou moins élevés que les registres toniques asumant une fonction différenciative; parfois, et c'est le cas en mo:re, on peut découvrir des réalisations tonétiques intermédiaires, c'est-à-dire à un niveau mélodique situé entre deux registres toniques. Nous employons tonétique et tonologie par analogie avec phonétique et phonologie. Ces réalisations tonétiques, non pertinentes, sont généralement dues à l'environnement tonal immédiat, soit aux tons qui précèdent ou suivent le ton modifié envisagé.

 

Enfin, dans les langues où les tons assument une fonction grammaticale, en plus d'une fonction lexicale, on constate des changements du registre tonique dus soit à la position du mot au sein de l'énoncé, soit à la fonction assumée par ce mot dans le syntagme.

 

Ne nous laissons pas entraîner à la tentation de faire un cours sur les tons, sujet qui nous tient à coeur, et passons à la traduction du texte transcrit. Comment traduire ? C'est l'écueil auquel se heurtent tous ceux qui ont dû traduire, ou transposer, en leur propre langue un texte oral ou écrit dans une langue étrangère.

 

Bien souvent, le texte africain s'affadit en passant au français. Comment pourrait-il en être autrement lorsqu'on se voit obligé de traduire un mot-clef dans un conte ou un proverbe par toute une périphrase, faute de posséder un mot français équivalent.

 

Au stade de la transcription linguistique, travail scientifique destiné, ne l'oublions pas, à mettre en lumière les structures phonologiques morphologiques et syntaxiques d'une langue mal connue ou inconnue, la traduction mot à mot s'impose. Cette traduction littérale n'a, la plupart du temps, aucun sens en français mais elle est absolument nécessaire, son absence dans une description linguistique rend celle-ci moins intéressante et surtout moins utile.

 

Le procédé le plus simple et le plus sûr pour éviter toute erreur consiste à numéroter chaque terme du texte transcrit, ce terme correspondant au vocable français portant le même numéro, en donnant une traduction la plus exacte possible.

 

Soit l'énoncé suivant en mo:re : t a to ka be dunia ua p g ne

 

t

soa:mba

a

to

ka

be

dunia

ua

p

g

iam

ie

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

et

Lièvre

lui

autre

ne

est

monde

dedans

avec

esprit

pas

 

C'est là un travail fastidieux et astreignant mais, nous ne le répéterons jamais assez, indispensable.

 

Bien entendu, il convient ensuite de donner une bonne traduction littéraire de ce charabia; mais cette version devra demeurer la plus proche possible de l'idée exprimée et ne pas trahir, ou du moins trahir le moins possible, les valeurs intrinsèques noires et la saveur parfois pimentée des textes oraux.

 

La phrase ci-dessus que nous avons traduite mot à mot peut être rendue en français comme suit : « Personne au monde ne possède autant de malice que le Lièvre ».

 

L'exposé des méthodes à observer pour la délimitation des unités morphologiques et des structures syntaxiques nous entraînerait trop loin et constituerait facilement le sujet d'une autre causerie.

 

Nous nous bornerons donc à signaler le dangereux penchant de nombreux jeunes linguistes à affubler les faits observés d'étiquettes commodes, certes, généralement fausses lorsqu'elles sont appliquées à des langues négro-africaines, par exemple : « adjectif... présent... passé... futur... » ne conviennent pas.

 

Très souvent même, des notions aussi communément admises que l'opposition des genres masculin et féminin, ou la dichotomie verbo-nominale ne se retrouvent pas telles que nous les connaissons dans nos langues.

 

La réflexion sur les problèmes morphologiques et syntaxiques posés par les langues négro-africaines ne pourra être féconde que si l'on sait éviter le concordisme en réalisant, comme le conseille le professeur M. Houis, « un véritable dépaysement ».

 

Les études et les recherches linguistiques en Afrique Noire offrent encore de nombreux terrains inexplorés du sud du Sahara au Cap de Bonne Espérance et du Cap Vert au Cap Guardafui, vastes espaces où le linguiste trouvera sans peine des langues à étudier ainsi que des dialectes non décrits ou parfois mal décrits.

 

La linguistique africaine, clef de la linguistique appliquée en Afrique Noire, réserve au chercheur, qui ne se laisse pas rebuter par l'austérité de cette étude, la joie sans cesse renouvelée de la découverte et le sentiment enivrant de rendre ainsi l'inconnu accessible.

 

 

 

 

 Gaston CANU

 

 1966

 

 


 

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